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Education : pourquoi Charles Wright ouvre une enquête autour de la gestion des examens nationaux ?

Le procureur spécial près la CRIEF, Alphonse Charles Wright, a lancé une enquête préliminaire sur des soupçons de détournement de fonds, de corruption et d’enrichissement illicite dans la gestion financière des examens nationaux en Guinée.  L’enquête, qui couvrira la période 2010-2026, porte sur plusieurs milliards de francs guinéens liés au baccalauréat, au BEPC et au CEE.

 

Une dénonciation accuse la Direction générale des examens et contrôles scolaires, concours et passerelles (DGECS-CP) d’avoir détourné des fonds destinés à l’organisation des examens.  Parmi les montants évoqués figurent 5,724 milliards de francs guinéens pour les cartes spéciales d’examen, 8,585 milliards pour les frais de diplômes et relevés de notes, 618,120 millions pour la légalisation des diplômes et 5,724 milliards pour les photos d’examen.  Ces fonds n’auraient pas été reversés au Trésor public, en violation des règles comptables.

 

L’enquête devra clarifier les revenus réels de ces prestations, leur destination et les procédures de gestion.  Les faits dénoncés ne sont pas établis et les personnes citées bénéficient de la présomption d’innocence.  Les enquêteurs examineront la gestion financière des examens, incluant les primes de surveillance, les frais de déplacement, les indemnités des correcteurs et secrétariats, ainsi que le transport et le stockage des malles d’examen.  L’acquisition d’équipements numériques pour la traçabilité des élèves sera également vérifiée.

 

La correspondance du procureur mentionne le directeur général des Examens, Mamadi 49 Keita, et certains cadres de son service.  Des biens comme des concessions à Sanoyah, des écoles privées à Kassogna et Kankan, ainsi qu’une villa et un appartement à ADOHA (Coléah) seront également examinés pour déterminer leur existence, leurs propriétaires et leur lien éventuel avec les fonds publics.

 

L’enquête s’étend également à une enveloppe de plus de 150 millions d’euros mobilisée en septembre 2026 par l’ANAFE pour la reconstruction d’infrastructures scolaires.  La gestion de ces fonds sera également vérifiée.

 

Le procureur spécial cherche à établir l’origine, la destination et la gestion des ressources des examens nationaux, ainsi que l’utilisation d’autres fonds publics liés à l’éducation.  L’enquête déterminera si des infractions économiques et financières ont été commises et, le cas échéant, identifiera les responsables.  Le secret de la procédure est requis.  L’ouverture de l’enquête ne préjuge pas de la culpabilité des personnes citées. Seules les investigations et les éventuelles suites judiciaires établiront la réalité des faits.

Al DJIGUÉ