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TPI Dixinn : Hadiatou Bah, Saad le Provocateur et Sopra Alpha maintenus en détention

L’artiste Hadiatou Bah, alias Hadya, ainsi que les créateurs de contenu Ahmed Saadate Diallo (Saad le Provocateur) et Mamadou Alpha Baldé (Sopra Alpha) restent en prison.  Accusés de « diffamation », « proxénétisme et complicité » et « atteinte à l’ordre public et à la dignité des individus par le biais d’un système informatique », leur détention a été prolongée.

Mercredi, le président du Tribunal de première instance (TPI) de Dixinn avait initialement accordé une liberté provisoire aux trois prévenus, suite à une requête de leurs avocats.  Cette décision a toutefois été suspendue après l’appel du substitut du procureur de la République.  Une décision qui a provoqué la colère et la déception de Maître David Béravogui, l’un des avocats de la défense.

« La décision du procureur de faire appel de la mise en liberté de nos clients par le président du tribunal est une déception.  Ils resteront donc en détention. Nous allons poursuivre nos efforts pour démontrer au procureur que leur détention, qui dépasse désormais quatre semaines, constitue une violation de l’article 465 du Code de procédure pénale.  Nous sommes dans une procédure de flagrant délit.  De plus, les accusations portées contre cette artiste sont infondées.  L’utilisation du pseudonyme Bandirou n’a rien d’illégal.  Ce terme est dérivé du mot “bandi”.  Pourquoi en serions-nous complexés ?  Aux États-Unis, des artistes mondialement connus comme Snoop Doggy Dogg ou Alpha Blondy utilisent des noms de scène.  On ne peut donc pas considérer le pseudonyme Bandirou comme une infraction.  Quant aux accusations de proxénétisme, elles reposent sur des propos non prouvés.  Il n’existe ni victime ni plaignant.  Enfin, concernant l’atteinte à l’ordre public, en quoi les propos publiés ont-ils réellement troublé l’ordre public, la tranquillité publique ou la salubrité publique ?  Rien ne le permet », a déclaré l’avocat.

Me David Béravogui a également estimé que les deux créateurs de contenu ne devraient pas être maintenus en détention compte tenu de leur statut.

« Ce dossier est vide. Le procureur doit comprendre qu’on ne peut pas détenir des journalistes en se basant sur la loi ordinaire ; une loi spéciale est nécessaire. Dans ce cas précis, les autorités ont invoqué l’article 32 de la loi sur la cybercriminalité et certaines dispositions du Code pénal, ce qui, selon nous, n’est pas justifié. Nous déplorons cette situation et espérons que le procureur reviendra sur sa décision et se désistera de son appel dans les prochains jours, permettant ainsi à nos clients de recouvrer leur liberté », a déclaré Maître David Béravogui.

Lors de l’audience, plusieurs dossiers étaient inscrits au rôle. Compte tenu de leur nombre, le juge a décidé de renvoyer l’affaire et de programmer la reprise des débats le mercredi suivant.

Yazid Al Djigué