Au Niger, Reporters sans frontières (RSF) exige la levée immédiate de la suspension de neuf médias étrangers, qualifiant cette décision d’« abusive ». L’Observatoire national de la communication (ONC) a annoncé le 8 mai l’interdiction de France 24, RFI, l’AFP, Jeune Afrique, Mediapart et d’autres médias, les accusant de nuire à « l’ordre public ».
Sadibou Marong, directeur pour l’Afrique de l’Ouest de RSF, a dénoncé ces accusations comme étant « forgées de toutes pièces » et a accusé les autorités d’« instrumentaliser la loi » pour museler la presse. Alors que RFI et France 24 étaient déjà coupées depuis le putsch de juillet 2023, cette nouvelle vague de suspensions aggrave l’isolement médiatique du Niger.
Cette répression a entraîné une chute vertigineuse du Niger au classement mondial de la liberté de la presse de RSF, le faisant reculer de 37 places pour se retrouver au 120e rang. L’ONG appelle les régulateurs des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) à « cesser de s’inféoder à la volonté des autorités militaires ».
Yazid Al DJIGUÉ
