Le procès en appel des personnes impliquées dans l’affaire de l’arraisonnement d’un navire chargé de cocaïne s’est ouvert ce jeudi 26 février 2026 devant la Cour d’appel de Conakry. Simon Délamou, un Guinéen, et cinq ressortissants sierra-léonais, tous accusés de détention, transport et trafic de stupéfiants, ainsi que de complicité, ont plaidé non coupable. En première instance, ils avaient tous été condamnés à cinq ans de réclusion criminelle.
L’affaire remonte au 27 juin 2022, date à laquelle les unités de la Gendarmerie maritime ont interpellé les prévenus à bord du navire Amer El Bear, dans les eaux territoriales guinéennes. Une fouille approfondie a permis de découvrir 2 605,1 kilogrammes de cocaïne, répartis en 2 318 plaquettes.
Le groupe comprend Simon Délamou (Guinéen) et Alhassane Maria Conteh, Juma Barry, Jonathan Formah, Elhadj Bangoura et Vandy Kamara (tous sierra-léonais). Ils sont détenus à la maison centrale de Conakry depuis le 23 août 2022.
Le 20 mai 2024, le tribunal criminel de Kaloum a condamné les accusés à cinq ans de réclusion criminelle pour trafic de stupéfiants. La juridiction a également ordonné la confiscation et la destruction de toutes les plaquettes de cocaïne saisies, ainsi que la confiscation des objets placés sous scellés. L’État guinéen, admis en qualité de partie civile, a obtenu la vente aux enchères du navire Amer El Bear, le produit devant être reversé au Trésor public. Les accusés ont interjeté appel contre cette décision.
Lors de l’audience à la Cour d’Appel de Conakry, Juma Barry, présenté comme technicien du bateau, a déclaré avoir été recruté uniquement pour assurer la maintenance du navire en cas de panne. Il a précisé n’avoir discuté de salaire ni avoir eu connaissance de la présence de drogue à bord avant son interpellation par la gendarmerie maritime.
Vandy Kamara, également présenté comme mécanicien, a tenu un discours similaire, affirmant n’avoir eu aucun contact avec le capitaine et n’avoir découvert la drogue qu’au port de Conakry.
Jonathan Formah, pêcheur de profession, a expliqué avoir accepté l’offre d’emploi après une longue période sans travail. Il a déclaré avoir trouvé des équipements de pêche à bord et n’avoir rien vérifié. Lors de l’interpellation, il dormait et les agents ont découvert la drogue cachée dans des sacs. Il a nié toute implication dans un trafic de stupéfiants.
Après avoir entendu les dépositions des accusés, la Cour a renvoyé l’affaire au 12 mars 2026 pour l’ouverture de la phase des réquisitions et des plaidoiries.
