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Ibrahima Sory II Tounkara : « Le magistrat doit rester au-dessus de la mêlée, fidèle à son serment et à sa conscience »

Lors de la cérémonie de son installation au poste de premier président de la Cour d’Appel de Conakry, vendredi 7 novembre à Kaloum, l’ancien président du Tribunal de première instance (TPI) de Dixinn, Ibrahima Sory II Tounkara,  a livré un discours ferme pour le bon fonctionnement de la justice guinéenne.

D’entrée, le nouvel élu a souligné l’importance de présider une Cour d’appel qui constitue une grande responsabilité.

« Assumer la charge de premier président d’une Cour d’appel, c’est avant tout porter une lourde responsabilité morale et institutionnelle. C’est être garant du bon fonctionnement de la justice, du respect des règles et des procédures, mais surtout du respect du droit et de la dignité humaine », a déclaré Ibrahima Sory II Tounkara.

Poursuivant, le nouveau Premier président a mis un accent particulier sur le grand rôle qu’incarne cette instance judiciaire.

« La Cour d’appel de Conakry, par sa position géographique, constitue un maillon essentiel dans l’architecture judiciaire de notre pays. C’est en cela qu’elle doit incarner la rigueur, la compétence et l’autorité de la réussite. Nous devons être à la hauteur de cette mission en appliquant la loi. Mesdames et messieurs, les défis qui nous attendent sont nombreux, mais ils ne sont pas insurmontables. Nous avons entre autres la célérité, la transparence, la probité et la cohésion interne », a souligné Ibrahima Sory II Tounkara qui évoque par la suite les défis qu’il compte relever durant son séjour à la tête de cette maison de justice.

« Le défi de la célérité judiciaire. Trop souvent, le citoyen se plaint de lenteur dans le traitement des dossiers. Nous devons renforcer la discipline procédurale, rationaliser la gestion des audiences et encourager le respect strict des délais légaux, car une justice lente est une justice refusée. Le défi de la transparence et de la probité. L’intégrité du magistrat est la première condition de la crédibilité de la justice. Nous devons bannir toute forme de compromission, de favoritisme et de corruption. Le magistrat doit rester au-dessus de la mêlée, fidèle à son serment et à sa conscience. Le défi de la cohésion interne. Une cour forte repose sur la solidarité et le respect mutuel entre ses membres. J’appelle à une collaboration franche et loyale entre magistrats, greffiers, avocats et tous les auxiliaires de justice. C’est ensemble que nous construirons une justice forte et respectée », a-t-il indiqué.

A l’issue de ces précédentes tâches évoquées ci-haut, Ibrahima Sory II Tounkara, s’est engagé à mener sa mission selon les règles de l’art.

« Chers tous, en prenant aujourd’hui fonction, je m’engage à exercer ma mission dans le strict respect des lois de la République et des principes d’indépendance du pouvoir judiciaire. Je serai un premier président à l’écoute, disponible pour mes collègues, attentif aux préoccupations du personnel, mais aussi ferme quant à l’application de la règle et de la déontologie. Je m’attacherai à favoriser le dialogue institutionnel avec les autres juridictions, avec le ministère de la Justice et avec les organisations professionnelles du monde judiciaire, car une justice isolée s’affaiblit, tandis qu’une justice concertée se renforce. Je crois profondément que la justice est la colonne vertébrale de la nation. Là où elle chancelle, c’est tout l’édifice social qui s’écroule. Nous devons donc faire de la Cour d’appel de Conakry un modèle de rigueur, d’impartialité et d’efficacité pour que le citoyen retrouve confiance dans sa justice. Mesdames et messieurs, le service de la justice n’est pas une simple fonction, c’est un sacerdoce. Nous ne l’exerçons pas pour nous-mêmes, mais pour la société et pour la paix. Puissions-nous ensemble honorer cette noble mission avec dignité et abnégation. »