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Affaire GIC/AGB2A : la CRIEF infirme l’ordonnance de non-inculpation d’Ahmed Kanté et l’inculpe (copies)

La Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), via sa chambre spéciale de contrôle de l’instruction, a, à l’issue de son audience du 2 septembre dernier, infirmé l’ordonnance de non-inculpation n° 096, rendue le 24 avril 2025 à l’encontre de l’ancien Directeur Général de la SOGUIPAMI. Elle a immédiatement ordonné son inculpation pour le chef d’**abus de confiance**, prévu par l’article 428 du code pénal.

En ordonnant l’inculpation d’Ahmed Kanté pour « abus de confiance », la CRIEF envoie un message clair : nul ne peut se placer au-dessus de la loi. Alors que l’ancien responsable de la SOGUIPAMI multiplie ses apparitions lors d’événements liés à la campagne électorale, la partie civile redoute une stratégie visant à influencer la justice.

Une décision judiciaire qui relance un dossier sensible

La chambre spéciale de contrôle de l’instruction de la CRIEF soupçonne M. Ahmed Kanté d’avoir détourné à son profit le projet minier GIC/AGB2A, initialement élaboré en partenariat avec feu l’homme d’affaires français Claude Lorcy. Les juges ont retenu l’existence d’indices graves et concordants laissant présumer un détournement du projet et de ses bénéfices, en violation des engagements initiaux.

Une stratégie de communication perçue comme une pression sur la justice

Depuis plusieurs mois, M. Kanté multiplie ses interventions publiques auprès de personnalités engagées dans la campagne électorale en Guinée. Selon la partie civile, cette exposition médiatique aurait pour but de donner l’impression d’une proximité avec les autorités de transition, notamment le CNRD, aux yeux de l’opinion et des magistrats.

Elle considère que cette posture, dénuée de lien direct avec le fond du dossier judiciaire, pourrait être perçue comme une tentative de faire pression sur la justice, en laissant croire qu’il bénéficie d’un soutien politique.

Pour la veuve de Claude Lorcy, partie civile dans cette affaire, « cette tactique s’apparente à une forme de trafic d’influence déguisé », susceptible de fragiliser l’indépendance de la justice et d’ores et déjà compromettre la perception d’impartialité dans le traitement du dossier. Elle rappelle que la seule attente légitime est celle d’une justice rendue sur la base du droit et des preuves, et non sous l’influence de l’image publique ou d’une proximité avec le pouvoir.

Des enjeux de justice et de sécurité juridique

Feu Claude Lorcy est décédé en laissant une veuve et trois enfants à charge, qui affirment ne disposer ni des moyens ni de l’influence pour corrompre qui que ce soit. Ils comptent sur l’impartialité et la célérité des acteurs de la justice guinéenne.

Ils soutiennent qu’en attendant l’issue de la procédure, M. Kanté exploite les sites miniers de GIC sans que les ayants droit de M. Lorcy ne perçoivent aucune rémunération.

Pour de nombreux observateurs, cette affaire souligne l’absolue nécessité d’une justice indépendante, insensible aux pressions politiques ou médiatiques, seule garante de la sécurité juridique des investissements et de la crédibilité de l’État de droit en Guinée.