La Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a prononcé, ce mercredi 4 novembre 2026, un non-lieu en faveur de Me Aboubacar Camara, président de la Chambre nationale des huissiers de justice de Guinée, et de son confrère Me Alhassane Bah. Les deux officiers ministériels ont ainsi été relaxés par la chambre de jugement, qui a également rejeté l’ensemble des demandes de la partie civile et ordonné la publication de la décision dans plusieurs médias, aux frais de celle-ci.
Les deux huissiers faisaient face à de lourdes accusations : corruption, abus de confiance, concussion, entrave au bon fonctionnement de la justice, association de malfaiteurs, faux et usage de faux en écriture publique, blanchiment en bande organisée et complicité. Après les réquisitions du 2 novembre, le ministère public avait lui-même estimé que les éléments révélés à l’audience ne permettaient pas de confirmer les faits reprochés. Il avait donc requis leur relaxe, une position reprise et renforcée par la défense, qui avait également sollicité la large diffusion de la décision.
L’affaire avait pris naissance à la suite d’une plainte déposée par la société GPMS SARL, représentée par son gérant Kabinet Diané. À la barre, Me Camara et Me Bah avaient catégoriquement rejeté toutes les accusations. Me Aboubacar Camara avait précisé avoir été chargé, en septembre 2023, du recouvrement d’une créance de 3 milliards 909 millions de francs guinéens contre la société SGCG Syli Ciment. Il avait affirmé avoir transmis l’ensemble du dossier à l’avocat en charge sans entreprendre d’autres démarches. Me Alhassane Bah, pour sa part, avait nié tout lien direct avec le plaignant, assurant que leur seul contact concernait la signification d’une convocation.
Cette décision de non-lieu met un terme à une procédure marquée par de lourdes accusations, mais dépourvue de preuves suffisantes aux yeux de la CRIEF.
