Le procès d’Ahmed Sékou Traoré, ancien président de la délégation spéciale de Ratoma, s’est ouvert ce lundi 2 novembre 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Poursuivi aux côtés de Mohamed Camara, ex-receveur communal, il fait face à de lourdes accusations : détournement de fonds publics, corruption, faux et usage de faux, enrichissement illicite et blanchiment portant sur 32 milliards de francs guinéens.
À la barre, Ahmed Sékou Traoré a rejeté en bloc les faits reprochés. Il a affirmé percevoir un salaire mensuel compris entre 5 et 10 millions de francs guinéens durant ses 23 mois à la tête de la commune de Ratoma, et a précisé que son unique patrimoine est un terrain à Yattaya, acquis en 2017 pour 75 millions de francs. « Je n’ai pas de compte bancaire », a-t-il insisté.
Concernant les finances communales, il a indiqué que la mairie a recouvré 7,57 milliards de francs en 2024 et 584 millions en 2025. Il a également expliqué l’utilisation des 14,62 milliards de francs reçus de l’ANAFIC, détaillant plusieurs projets : une école à Hamdallaye 2, un centre de santé à Kaporo, le pavage de la maison des jeunes de Taouyah, l’ouverture de la route de Ratoma, la construction de toilettes scolaires à Taouyah, Kaporo et au collège de Kipé, ainsi qu’un hangar au marché de Kaporo et une bibliothèque à l’école primaire de Nassouroulaye.
À son départ, il assure avoir laissé « plus de 800 millions de francs guinéens » dans les comptes de la commune. La CRIEF a renvoyé le procès au 16 novembre pour la poursuite des débats.
Al Hassan
