Le parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) poursuit ses investigations dans le dossier présumé de détournement de fonds au Conseil national de la transition (CNT). Trois jours après l’ouverture d’une enquête visant plusieurs hauts responsables de l’institution, le procureur spécial, Alphonse Charles Wright, a décidé d’élargir le champ d’investigation à l’ensemble de la gestion budgétaire de l’ancien CNT.
Dans une instruction datée du 10 juillet 2026, adressée au directeur central de l’Office de répression des délits économiques et financiers (ORDEF), au directeur central de la Police judiciaire et au secrétaire à la Présidence chargé des Services spéciaux et de la lutte contre le crime organisé, le magistrat demande d’approfondir les investigations ouvertes le 7 juillet dernier.
L’enquête préliminaire cible notamment Aboubacar Camara, secrétaire général du CNT, ainsi que plusieurs directeurs de l’administration parlementaire. Ils sont soupçonnés de détournement de fonds publics, de corruption d’agents publics, de blanchiment de capitaux, d’enrichissement illicite, de faux et usage de faux en écritures publiques et privées, ainsi que de complicité, dans le cadre de la gestion d’une somme de 43 milliards de francs guinéens, correspondant à une prime spéciale de séparation.
Dans son nouveau soit-transmis, le procureur spécial étend les investigations au-delà de la seule prime initiale. Il ordonne aux enquêteurs d’examiner l’ensemble de l’exécution budgétaire du Conseil national de la transition (CNT) depuis sa création jusqu’à la fin de son mandat.
Les investigations devront notamment porter sur :
* L’exécution des ressources financières allouées au CNT.
* L’utilisation de ces ressources, telle que documentée dans les registres comptables et financiers.
* Le recrutement et le traitement salarial de tous les agents de l’administration parlementaire, en se basant sur le fichier solde depuis le début de la transition.
* La situation des biens matériels du CNT.
* Les subventions accordées dans le cadre de l’élaboration de l’avant-projet et du projet de la nouvelle Constitution.
Le parquet évoque également de nouveaux faits présumés de concussion, de violation des règles du Code des marchés publics assimilable à la corruption et de prise illégale d’intérêts, en plus des infractions déjà visées.
L’équipe d’enquête actuelle sera maintenue. Les substituts Ousmane Sano, Biwon Millimono et Pierre Segbé Kamano continueront de superviser les investigations, tandis que l’Office de répression des délits économiques et financiers (ORDEF) assurera la coordination opérationnelle.
Dans son instruction, Alphonse Charles Wright insiste sur le caractère secret de l’enquête et exhorte les services saisis à faire preuve de diligence dans la conduite des investigations.
Cette décision marque une nouvelle accélération dans ce dossier sensible, qui pourrait conduire les enquêteurs à examiner l’ensemble de la gestion financière du CNT durant la période de transition.
Al Hassan
