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L’UE durcit le ton face à la Guinée : visas Schengen suspendus

L’Union européenne a décidé de suspendre plusieurs facilités d’obtention de visas de court séjour pour les ressortissants guinéens. Cette mesure de rétorsion vise à inciter Conakry à améliorer sa coopération dans le rapatriement de ses citoyens en situation irrégulière sur le sol européen.

En s’appuyant sur l’article 25 bis du Code communautaire des visas, le Conseil de l’UE a validé une série de restrictions temporaires concernant les demandes de visas Schengen déposées par les Guinéens. Cette décision fait suite à une évaluation de la Commission européenne qui a conclu à une « coopération insuffisante » de la Guinée en matière de réadmission de ses migrants. Plusieurs blocages ont été identifiés, notamment :
* L’absence de réponse ou de suivi des autorités guinéennes aux demandes de réadmission des États membres.
* La non-délivrance de laissez-passer consulaires, même lorsque la nationalité guinéenne est confirmée.
* Les entraves à l’organisation des retours, qu’ils soient effectués sur des vols réguliers ou charters.
La Guinée figure au huitième rang des nationalités les plus identifiées en termes d’arrivées irrégulières, avec un arriéré important de dossiers en attente.

Ce qui change pour les demandeurs de visa


La suspension concerne quatre dispositions clés du Code des visas pour tous les ressortissants guinéens soumis à l’obligation de visa court séjour. Il ne s’agit pas d’un gel total des visas, mais les dossiers conformes seront traités sous des conditions plus strictes et avec des délais d’attente plus longs.

Exceptions à la suspension

L’UE a prévu des exceptions pour respecter le droit international et le droit au regroupement familial :
* Les membres de la famille de citoyens de l’UE (ou de pays tiers bénéficiant d’un droit de libre circulation équivalent).
* Les membres de la famille de ressortissants britanniques bénéficiaires de l’accord de retrait du Brexit.
* Les déplacements rendus obligatoires par le droit international, notamment pour se rendre auprès d’une organisation intergouvernementale ou d’une conférence de l’ONU hébergée par un État membre.

Une mesure de pression
Cette décision prend effet dès sa notification officielle et s’applique à l’ensemble des pays de l’espace Schengen (sauf l’Irlande et le Danemark, non concernés par cette mesure). L’objectif de Bruxelles est d’inciter la Guinée à réagir et à fluidifier les canaux de retour. La Commission européenne continuera de suivre les efforts de Conakry et se réserve le droit de lever les restrictions en cas de progrès, ou de durcir les sanctions financières si nécessaire.
Al DJIGUÉ