Ousmane Sonko, nouvellement élu président de l’Assemblée nationale du Sénégal avec une écrasante majorité de 132 voix sur 133, a tenu à rassurer la nation. Son élection intervient dans un contexte de recomposition politique, quatre jours seulement après son éviction de la Primature par Bassirou Diomaye Faye. Alors que des accusations de coup d’État institutionnel circulaient sur les réseaux sociaux, Sonko a choisi de désamorcer la crise en affirmant qu’il n’utiliserait pas sa nouvelle responsabilité pour organiser le chaos institutionnel.
« Je veux rassurer que je n’utiliserai pas cette responsabilité pour organiser le chaos institutionnel », a-t-il déclaré devant les députés.
Sonko a renforcé ses assurances en ralliant l’ensemble du groupe parlementaire Pastef à sa position.
« Aucun député avec moi ne transformera cette Assemblée en instrument de vendetta personnelle. Ce serait trahir notre propre combat », a-t-il affirmé.
S’il a écarté le chaos, il n’a pas promis la passivité. Le Parlement entend jouer un rôle actif et déterminé face à l’exécutif.
« L’Assemblée nationale ne sera pas une chambre d’enregistrement. Elle contrôlera l’action gouvernementale. Elle exercera pleinement ses prérogatives constitutionnelles de vote des lois, de contrôle de l’action du gouvernement et d’évaluation des politiques publiques », a-t-il assuré.
La partie la plus marquante du discours est sans doute celle qui aborde directement la question du président de la République. Sonko n’a pas exclu la possibilité d’une collaboration avec celui qui vient de le destituer.
« Si le président Bassirou Diomaye Faye m’appelle dans le sens de notre engagement, je répondrai et participerai à l’avancée du gouvernement dans nos aptitudes. Voilà notre vision », a-t-il déclaré.
Al DJIGUÉ
