Répression sous le règne d’Alpha Condé : l’association des victimes, parents et amis répond à l’ex dirigeant.
À l’issue de la sortie de l’ancien Chef de l’Etat guinéen, qui a demandé pardon aux victimes de répression sous son règne, l’Association des Victimes, Parents et Amis du régime d’Alpha Condé a pris acte de cet aveu. Dans une déclaration, l’organisation a rappelé l’ampleur des souffrances endurées et réaffirmé son engagement pour la justice — non la vengeance — avant le pardon.
« C’est avec une vive émotion que nous avons appris, par voie de presse, la déclaration de l’ancien Président Alpha Condé, à l’occasion du 67e anniversaire de la République de Guinée, dans laquelle il a publiquement présenté ses excuses aux victimes de son régime. »
L’association dresse également un bilan sombre de cette période, soulignant la gravité des exactions, malgré les promesses de démocratisation :
« Depuis de nombreuses années, notre pays a été marqué par des répressions politiques et sociales d’une intensité exceptionnelle, en dépit des promesses répétées de démocratisation et de réconciliation nationale. Entre 2010 et 2021, des milliers de Guinéens et Guinéennes ont été victimes de violences, de détentions arbitraires, d’exécutions extrajudiciaires, de tortures et de persécutions. »
Elle dénonce notamment les dérives autoritaires qui ont caractérisé les mandats de M. Condé, enchaînant violations des droits humains, notamment lors des moments clés de contestation de son troisième mandat. Le régime, réélu dans des conditions souvent contestées, est accusé de multiple atteintes aux libertés et aux vies humaines :
« Le régime d’Alpha Condé, élu en 2010, réélu en 2015 puis reconduit en 2020 dans des conditions largement contestées, s’est illustré par une succession de violations des droits humains. Les répressions brutales contre les forces vives et l’opposition, notamment en 2013, 2015, ainsi que les événements tragiques de 2020 ayant causé de nombreuses pertes humaines, témoignent de cette dérive autoritaire. »
L’Exigence de Justice
Si un mea culpa semble avoir été exprimé, l’association indique clairement que le pardon ne pourra être sincère qu’au prix de la justice. Elle souligne que leur démarche n’est pas motivée par la vengeance, mais par une nécessité morale et politique de faire la lumière sur la vérité et d’établir les responsabilités.
« Nos revendications ne sont pas animées par un esprit de vengeance, mais par une exigence de justice. Il est impératif de reconnaître les souffrances endurées, de rendre hommage aux victimes et de veiller à ce que de telles atrocités ne se reproduisent plus. Le peuple de Guinée mérite de vivre dans un pays où la dignité, la liberté et la paix sont des valeurs fondamentales. C’est en rendant justice aux victimes et en honorant leur mémoire que nous pourrons véritablement avancer vers le pardon, mais aussi vers une réconciliation sincère et durable. »
Yazid
