Face aux interrogations concernant l’absence du parti FRONDEG sur certains bulletins de vote, Djenabou Touré, Directrice Générale de la DGE, a tenu à éclaircir cette situation juridique et administrative inédite. Elle a présenté un véritable feuilleton politico-judiciaire devant les professionnels des médias, retraçant les retraits volontaires, les arbitrages de la Cour suprême et les tensions internes au sein des candidats à la base. Le cas du parti FRONDEG illustre ainsi la complexité de la gestion du contentieux électoral à l’approche du scrutin.
Pour comprendre la confusion visuelle sur certains bulletins, Djenabou Touré a rappelé les faits. Si le FRONDEG est bien candidat aux élections plurinominales et uninominales, sa situation varie d’une circonscription à l’autre.
« Sur la liste nationale, c’est le FRONDEG qui a écrit pour annoncer son retrait au moment de la clôture des listes, alors que celles-ci étaient déjà validées par la Cour suprême », a-t-elle révélé.
La plus haute instance judiciaire du pays a ordonné le rétablissement du FRONDEG dans des zones stratégiques comme Ratoma et la circonscription des États-Unis. Au niveau municipal, la DGE affirme avoir appliqué les décisions des tribunaux avec rigueur, même si cela signifiait réintégrer des listes ne répondant pas aux critères légaux de validation. La directrice générale a également souligné les lacunes de certaines décisions judiciaires.
« À l’exception de Koubia et Sonfonia, tout le reste a été rétabli par le tribunal. Même parfois, injustement. Allez prendre la liste du FRONDEG à Gbessia, elle ne comporte pas 45 conseillers. C’est pour cette raison qu’elle avait été rejetée. Elle compte moins de 45 candidats. Mais la justice l’a rétablie. »
Retour du FRONDEG
La DGE parle d’une situation inédite, face à laquelle le Code électoral guinéen est resté muet. « Il n’existe aucune disposition dans le Code qui prévoit une telle situation. Vous vous retirez, puis vous revenez (…). Si vous revenez au moment où nous sommes en train d’imprimer les bulletins ou après que votre tête de liste a été retirée, nous ne pouvons plus vous réintégrer sur les documents déjà finalisés », a regretté la patronne de la DGE, justifiant ainsi les anomalies constatées par certains observateurs sur les spécimens en circulation.
« Nous sommes cohérents dans ce que nous faisons. Ici, nous ne disons pas que tout ce que nous faisons est parfait. Le travail humain comporte toujours des erreurs et il y a toujours des choses à améliorer. Mais nous faisons en sorte de respecter les décisions de justice et le cadre légal », dira la Directrice Générale.
Cette mise au point devrait clarifier les règles, bien que le cas du FRONDEG reste sujet à débat.
Yazid Al Djigué
