Vendredi 15 mai 2026, au siège de l’Union pour le mouvement populaire (UMP) à Hafia, le président du parti, Boubacar Siddighy Diallo, a abordé la question cruciale de l’accès au logement dans la capitale guinéenne. Conscient de l’importance de cette problématique pour les populations de Conakry et ses environs, le président de l’UMP semble avoir identifié la racine du problème : l’absence de réglementation encadrant l’accès au loyer.
« En Guinée, les loyers ont atteint des niveaux qui dépassent la raison pour une grande partie de la population. Aujourd’hui, louer une simple chambre peut coûter plus d’un million de francs guinéens ; lorsqu’elle dispose d’une toilette, le prix grimpe à 1,5 million. À Conakry, des studios modernes dans certains quartiers se louent à des sommes équivalentes à 12 000 dollars par an pour un logement chambre salon‑toilette. Ces tarifs ne correspondent pas à la réalité économique de la majorité des ménages », a fustigé l’homme politique avant de s’attaquer au vrai problème.
« le problème tient d’abord à l’absence de lois et de mécanismes de régulation du marché locatif. En droit, on dit souvent qu’il n’y a ni crime ni délit sans loi : si un comportement n’est pas interdit, il est permis. Appliqué au secteur immobilier, ce principe signifie que rien n’empêche les propriétaires de fixer des loyers exorbitants », a asséné le président de l’UMP, candidat aux législatives du 31 mai 2026.
Pour y remédier, Boubacar Siddighy Diallo, se montre favorable à l’application d’un levier fiscal.
« Dans les pays où le marché est mieux encadré, l’État intervient par la fiscalité pour limiter les dérives. Les impôts fonciers et les taxes sur les revenus locatifs sont conçus de manière à rendre moins attractif le maintien de loyers excessifs. Plus un bien est cher, plus il est lourdement taxé ; à terme, un propriétaire peut même perdre son bien si ses obligations fiscales dépassent la valeur du bâtiment. Ce mécanisme, parfois sévère, pousse à louer à des prix raisonnables ou à confier la gestion des biens à la collectivité », explique-t-il face à la presse.
Dans sa conclusion, le leader politique déplore l’absence de pression fiscale et réglementaireen Guinée, chose qui, selon lui encourage des comportements contre-productifs, comme la construction d’immeubles de cinq à dix étages dont seuls les premiers niveaux sont occupés. Les étages supérieurs restent vides car les loyers demandés sont inaccessibles à la plupart des habitants. « Les revenus proviennent donc principalement des boutiques en rez-de-chaussée, laissant les immeubles inutilisés. Si les propriétaires étaient soumis à des obligations fiscales plus strictes, ils seraient incités à louer à des prix plus abordables ou à confier la gestion à des autorités locales. »
Sans régulation et sans politique fiscale adaptée, le marché locatif guinéen risque de rester bloqué dans un équilibre inefficace, au détriment des ménages et des collectivités.
Al DJIGUÉ
