Le paysage médiatique en Guinée traverse une crise identitaire profonde. Alors que la liberté de la presse s’étiole sous nos yeux, le mal le plus insidieux ne vient pas seulement de l’extérieur, mais des rangs mêmes de la profession, l’effondrement de la solidarité entre confrères.
Là où d’autres corps de métier, comme l’armée ou les médecins, font preuve d’une discipline et d’une loyauté indéfectibles pour protéger leur honneur, la presse guinéenne offre trop souvent un spectacle de désunion. Il est alarmant de constater que certains journalistes, au lieu de faire bloc face aux pressions, deviennent les complices de la décrédibilisation de leurs propres pairs.
Les dérives de l’information à la manipulation. Le constat est amer :
. Les règlements de comptes par tribunes interposées : Utiliser son média pour attaquer un collègue est un aveu d’ignorance des principes déontologiques.
• L’instrumentalisation par le pouvoir : Se faire le relais de personnalités influentes pour démolir la réputation d’un confrère qui dénonce, c’est trahir l’essence même du journalisme.
. L’absence de retenue : Publier des injures ou des attaques personnelles au lieu de s’en tenir aux faits et aux arguments contradictoires.
Il faut savoir que celui qui accepte aujourd’hui de piétiner son confrère par manipulation ou corruption prépare sa propre chute. Demain, il sera la cible du même système qu’il a contribué à nourrir.
Le journalisme est un métier qui donne de l’influence et nourrit ; en le discréditant, vous détruisez notre propre gagne-pain et votre dignité.
Après tout ce constat alarmant je conseillerais aux professionnels de médias de :
1. Prioriser la confraternité : Défendre le métier, même dans la divergence d’opinions.
2. Éviter le spectacle public : Régler les différends professionnels avec élégance et discrétion.
3. Léguer un héritage sain : Agir avec intégrité pour que les générations futures de journalistes guinéens héritent d’un métier respecté et crédible.
Pour que la presse guinéenne retrouve ses lettres de noblesse, chaque journaliste doit redevenir le gardien de son frère. Le métier doit être protégé avant qu’il ne perde toute valeur aux yeux du monde.
IBK
