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Pour la dignité et la vie : un appel au pardon et à la clémence en faveur de Kassory et autres

Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’État, Chef Suprême des Armées, Général Mamadi Doumbouya,

Au nom de Dieu le Tout-Puissant, le Clément, le Très-Miséricordieux, Celui qui élève en dignité ceux qui agissent avec justice et miséricorde.

Excellence Monsieur le Président,

Avec le plus grand respect dû à votre haute fonction et à la charge historique qui est la vôtre à la tête de la Guinée, je prends humblement la plume pour vous adresser un message de considération, d’humanité et d’appel à la sagesse, à la suite de la déclaration des avocats de M. Ibrahima Kassory Fofana, ancien Premier ministre, ainsi que de l’appel au pardon formulé par un citoyen guinéen animé par la crainte de Dieu et l’amour de la vie.

Excellence Monsieur le Président,

L’Islam, comme toutes les grandes sagesses spirituelles, nous enseigne que la vie humaine est sacrée et que la préservation de la santé constitue un devoir supérieur. Lorsque la maladie frappe un homme et que son état de santé se dégrade de manière préoccupante, la miséricorde devient une exigence morale, au-dessus des divergences et des jugements terrestres.

Le Très-Haut nous rappelle dans le Saint Coran : « Allah commande la justice, la bienfaisance et l’assistance envers autrui. »

Permettre à un malade d’accéder à des soins médicaux appropriés, dans des structures adaptées à la gravité de son état, ne constitue ni un renoncement à la justice ni une remise en cause de l’autorité de l’État. C’est un acte de grandeur, un choix d’humanité qui honore celui qui le pose et élève la Nation tout entière.

Excellence Monsieur le Président,

Votre leadership est aujourd’hui reconnu pour avoir remis la dignité, la rigueur et l’intérêt supérieur de la Guinée au cœur de l’action publique. Dans cette même logique, un geste humanitaire inspiré par la compassion et le pardon renforcerait davantage l’image d’un État fort, juste, mais aussi profondément humain.

Je vous demande humblement, avec déférence et confiance en votre sagesse, de bien vouloir examiner ce dossier — ainsi que ceux d’autres détenus se trouvant dans une situation sanitaire similaire — sous l’angle strictement humanitaire et spirituel, afin que l’ancien Premier ministre puisse bénéficier des soins nécessaires à la préservation de sa vie et de sa santé, conformément aux valeurs religieuses, culturelles et morales de notre peuple.

Car Dieu est le Juge Suprême, et Il accorde la guérison à qui Il veut.
Accorder à un malade la possibilité de se soigner, c’est s’en remettre à Sa volonté et inscrire l’action de l’État dans la voie du pardon, de la clémence et de l’honneur.

Puisse Allah guider vos décisions, fortifier votre cœur, protéger la Guinée et vous accorder la sagesse nécessaire pour continuer à diriger notre pays sur le chemin de la justice, de la paix et de la réconciliation.

Le pardon élève les Nations, la miséricorde rapproche de Dieu, et l’humanité honore les grands dirigeants.

Tout en espérant que ce plaidoyer retiendra votre haute attention, veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération et de mon profond respect.

Abass Pablo Bangoura