L’affaire de la bastonnade d’une élève par ses camarades à Labé a pris un nouveau tournant avec la saisine du tribunal pour enfants. Huit collégiennes et un lycéen sont accusés de coups et blessures volontaires sur une élève.

Sur les neuf personnes visées, sept seraient mineures, selon le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Labé. Par conséquent, le juge des enfants va ouvrir une information judiciaire dans ce dossier.
Le magistrat a annoncé lundi dernier, 9 février, une disjonction de procédure : les majeures seront jugées devant le tribunal commun, tandis que les mineures seront renvoyées devant le tribunal pour enfants.
L’affaire, très médiatisée, implique huit jeunes collégiennes et un lycéen accusés d’avoir agressé physiquement une de leurs amies en milieu de semaine dernière. Elles ont ensuite filmé la scène et l’ont diffusée sur les réseaux sociaux. Pour le moment, il n’y aura pas de jugement, a précisé le procureur Mohamed Samoura.
« Les 6 et 7 février 2026, la brigade de recherches de Labé a interpellé dans des faits de coups et blessures volontaires sur la personne de Djenabou Chérif Diallo. Il se trouve que parmi les 9 personnes interpellées, il y a 7 mineures. Et en la matière, le Code de l’enfant exige que l’on saisisse le juge des enfants. Donc, si le mineur et le majeur se trouvent dans la même procédure, on peut faire deux dossiers, c’est-à-dire envoyer les mineurs devant le juge des enfants et le ou les majeurs devant le tribunal commun. Mais on peut aussi envoyer tout le monde (mineurs et majeurs) devant le juge des enfants. Il fait le travail et, en fin de compte, il fait la distinction. C’est donc ce que nous avons décidé cette fois-ci, c’est-à-dire envoyer les 7 mineures et les 2 majeures devant le juge des enfants. Le juge des enfants a été saisi par réquisitoire introductif, qui a été fait ce lundi matin. Il a été saisi pour l’ouverture d’une information judiciaire contre les 9 personnes pour des faits de coups et blessures volontaires sur la personne de Djenabou Chérif Diallo, de diffusion de données de nature à porter atteinte à la dignité humaine, et d’atteinte à la vie privée par l’enregistrement et la transmission de paroles prononcées dans un lieu privé par une personne sans son consentement. Ces faits sont prévus et punis par les articles 239 et 358 du Code pénal, ainsi que par les articles 31 et 32 de la loi relative à la cybersécurité et à la protection des données à caractère personnel. Donc, c’est ce qui a été retenu dans la procédure », a indiqué le procureur de la République près le tribunal de première instance de Labé.
En outre, M. Samoura a appelé à la sérénité dans cette affaire qui a fait couler encre et salive tant à Labé qu’ailleurs en Guinée.
« À la population, c’est de rester calme. La procédure va suivre son cours normal et la population sera informée au fur et à mesure de son évolution. Le dossier a été transmis au juge des enfants, ce qui veut dire que, pour le moment, il n’y aura pas de jugement. Cela va prendre un peu de temps. Le juge est en train de travailler là-dessus ; il est actuellement à la maison centrale et pose des actes dans ce dossier. Ce qui est sûr, je ferai une communication par rapport à leur situation carcérale », a-t-il promis.
Avec Guineematin
