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Résidence de l’archevêque de Conakry : le départ de Mgr Coulibaly ravive les spéculations, le laïcat intervient

À la veille de Noël, le 24 décembre 2025, l’archevêque métropolitain de Conakry, Monseigneur Vincent Coulibaly, a momentanément quitté sa résidence Stella Maris à La Minière. Cette décision, invoquant des « raisons de sécurité », a été communiquée au Conseil diocésain du laïcat de Conakry (CDLC) via un courrier officiel. Une résidence provisoire lui a été mise à disposition par le ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme. 

 

Ce départ inexpliqué a rapidement alimenté de nombreuses rumeurs et interprétations, notamment sur les réseaux sociaux. Face à cette effervescence, le CDLC a pris la parole trois semaines plus tard, le jeudi 15 janvier 2026, pour clarifier la situation et demander au calme. Dans une déclaration publique, le Conseil précise avoir été officiellement informé par un courrier de Monseigneur François Sylla, archevêque coadjuteur de Conakry.

 

« Le 25 décembre 2025, le Conseil Diocésain du Laïcat de Conakry a pris connaissance d’un courrier officiel de Son Excellence Monseigneur François Sylla, Archevêque coadjuteur, indiquant que “notre Archevêque, Monseigneur Vincent Coulibaly, pour des raisons de sécurité, a quitté la résidence Stella Maris, située à La Minière, pour une autre résidence provisoire mise à disposition par le ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme” », peut-on lire dans la déclaration.

 

Après cette clarification, le CDLC a souligné la signification historique et symbolique de la résidence Stella Maris, qu’il considère comme un lieu emblématique de l’histoire de l’Église catholique en Guinée.

 

« La résidence Stella Maris de l’Archevêque Métropolitain de Conakry n’est pas un simple édifice. Elle est un lieu chargé d’histoire, de mémoire ecclésiale et d’une forte valeur symbolique pour l’Église catholique en Guinée. L’Église, par l’intermédiaire du premier archevêque guinéen, Monseigneur Raymond Marie Tchidimbo, a acquis ce domaine et y a résidé jusqu’au 23 décembre 1970. Elle a ensuite accueilli Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II lors de sa visite historique en Guinée en 1992, où il a séjourné durant toute la durée de son passage dans le pays.

À la suite du Pape Jean-Paul II, le Cardinal Robert Sarah, alors Archevêque, y a également résidé jusqu’à sa nomination au Saint-Siège en 2001. En 2003, Monseigneur Vincent Coulibaly, Archevêque Métropolitain, y a à son tour établi sa résidence jusqu’au 23 décembre 2025. Ce lieu demeure ainsi un symbole vivant de la communion de l’Église catholique en Guinée avec l’Église universelle et un repère spirituel pour les fidèles », souligne le communiqué.

 

Le Conseil diocésain du laïcat de Conakry demande aux fidèles chrétiens de faire preuve de retenue et de responsabilité, étant donné la sensibilité du contexte. «Dans ce contexte sensible, le Conseil Diocésain du Laïcat de Conakry appelle instamment tous les fidèles laïcs à la retenue, au calme et à la prière. Il est expressément demandé d’éviter : toute action individuelle ou collective, toute prise de position publique non autorisée, tout acte ou propos susceptible de troubler l’ordre public. La foi chrétienne nous invite à la sagesse, à la patience et à la confiance dans les voies du dialogue. »

Tout en appelant à l’apaisement, le CDLC indique que des discussions sont en cours pour un règlement de la situation. « Le Conseil Diocésain du Laïcat de Conakry réaffirme son attachement indéfectible à l’Église, à ses pasteurs et aux valeurs de paix et de cohésion sociale. Il invite tous les fidèles à porter cette situation dans la prière, à faire confiance aux démarches en cours et à demeurer unis dans la foi, l’espérance et la charité.»