Ousmane Camara, qui est détenu à la Maison centrale de Conakry depuis le 26 décembre 2018, a comparu la semaine dernière devant le tribunal criminel de Dixinn où il est poursuivi pour des faits de viol sur mineur. Des faits pour lesquels le parquet a requis 10 ans de prison à son encontre. L’avocat de la défense a plaidé pour une condamnation au temps mis.
Devant la barre, le mis en cause est revenu sur l’historique des faits mis à sa charge.
« Je reconnais les faits. On était chez eux, c’est là-bas qu’on voit la bière, c’est là-bas qu’on fait tout. Un jour, j’ai bu de la bière et j’étais complètement ivre. La fillette est venue sur le chantier où je me trouvais pour chercher du bois. On s’est assis là-bas, on a parlé. Vers 17 heures, des gens sont venus me réveiller et m’ont frappé. Ils m’ont accusé d’avoir violé la petite. Devant la foule, j’ai dit : oui, c’est moi. Arrivé au bar où l’on boit d’habitude, les agents sont venus me récupérer et m’ont envoyé à la police. Voilà ce qui s’est passé », a-t-il expliqué.
Après ces déclarations, le juge a demandé des précisions.
« Est-ce que vous reconnaissez l’infraction ?” a-t-il interrogé l’accusé.
Et Ousmane Camara de répondre : “Je ne l’ai pas reconnue”.
Étonné d’entendre ces mots, le juge revient à la charge : “Mais, vous avez dit que vous aviez touché la fille”.
Ousmane Camara répond de nouveau : « C’est pour ça que j’ai reconnu. Arrivés au commissariat, ils m’ont mis la pression. Et, ma mère, paix à son âme, m’a dit : c’est la première fois que des choses comme ça t’arrivent, il faut reconnaître. Donc, j’ai reconnu ».
“L’avez-vous touchée ?”, demande le juge.
« Non, on est resté là-bas pendant longtemps, puis elle est partie dire à sa maman que je l’avais agressée. Ce dans quoi je suis, seul Dieu peut m’en sortir, car je suis victime de trahison », se défend Ousmane Camara.
Juge : En raison de votre état ce jour-là, pouvez-vous vous rappeler si vous l’avez touchée ou non ?
Ousmane Camara : Là, je ne comprends pas.
Ministère public : La petite vous a demandé 2 000 francs, n’est-ce pas ?
Ousmane Camara : Oui.
Ministère public : Ensuite, elle est venue chez vous ?
Ousmane Camara : Oui.
Ministère public : Quand elle est arrivée, lui avez-vous donné les 2 000 francs ?
Ousmane Camara : Non.
Ministère public : Lui avez-vous demandé d’enlever son caleçon ?
Ousmane Camara : Non, je n’ai pas dit ça.
Ministère public : Savez-vous que les attouchements étaient si graves que le médecin a ordonné plusieurs semaines de repos à la victime ?
Ousmane Camara : Je ne peux pas confirmer cela.
La défense de l’accusé a demandé ce que ces six années d’emprisonnement lui avaient appris.
Ousmane Camara : Moi-même, je veux partir au village. Je ne veux plus rester à Conakry.
Insistant sur ces six années passées en prison, le juge lui a demandé quelle leçon il en avait tirée.
Ousmane Camara : Je demande pardon au tribunal, et que Dieu me protège de toute chose pouvant m’envoyer en prison.
Juge : Aimez-vous les petites filles ?
Ousmane Camara : Non.
Dans son réquisitoire, le ministère public a demandé au tribunal de condamner Ousmane Camara à 10 ans de réclusion criminelle.
Par contre, l’avocat de la défense a plaidé pour des circonstances atténuantes pour son client.
« Monsieur le président, je ne reviendrai pas sur les faits exposés par le procureur. Toutefois, il est nécessaire de rappeler que M. Ousmane Camara a reconnu les faits. Il a eu tout le temps de se repentir durant ses six années de détention. Monsieur le président, nous vous demandons, si le tribunal doit prononcer une condamnation, de le condamner au temps déjà purgé. En le faisant, vous rendriez une justice équitable », a-t-il dit.
Finalement, le tribunal a mis l’affaire en délibéré pour décision être rendue le 19 avril 2025.
Source : Guineematin