À quoi sert un État s’il n’est pas capable de protéger son propre peuple ?
Aujourd’hui, la Guinée fait face à une situation qui devrait interpeller chaque citoyen : insécurité, disparitions forcées présumées, soupçons de mauvaise gestion des fonds publics, décisions administratives contestées et inquiétudes concernant les libertés publiques.
On nous parle de « refondation ». Mais une refondation ne se décrète pas. Elle se prouve par des actes.
Lorsqu’un projet routier est annoncé à près de 50 millions de dollars pour environ 2,5 kilomètres de voirie, cela soulève de sérieuses questions sur la transparence, la gestion des ressources publiques et les mécanismes de contrôle de l’État. Ces interrogations prennent une dimension particulière alors que les autorités placent leur action sous le slogan de la « refondation ».
Et pendant que certains parlent de développement, des familles sont déguerpies à Dar es-Salam, parfois avec moins de 24 heures de préavis, en pleine saison des pluies et sans véritable solution de relogement.
Derrière chaque maison détruite, il y a une vie, une histoire, une famille.
On ne peut pas construire une nation en écrasant les plus vulnérables.
L’État peut aménager, construire et faire respecter la loi. Mais il doit aussi protéger, accompagner et respecter la dignité de ses citoyens.
Nous refusons également que la souffrance des victimes devienne un instrument de récupération politique.
Nous avons déjà connu cette réalité avec les victimes de Kaporo-Rails. Des promesses ont été faites. Des discours ont été prononcés. Mais combien de familles ont réellement retrouvé une vie digne ?
Aujourd’hui encore, des faits graves interpellent la conscience nationale : la découverte, à Forécariah, de six corps présentés comme étant ligotés et les yeux bandés, sans qu’une véritable transparence n’ait, à ce jour, été apportée sur cette affaire.
À cela s’ajoutent les mesures prises contre le procureur Alghassimou Diallo après la diffusion d’un enregistrement audio qui lui aurait été attribué, suivies de son inculpation et de son incarcération à la prison de Macenta, située à environ 700 kilomètres de Conakry, alors que son audition doit se dérouler à Conakry.
Ces faits doivent faire l’objet d’enquêtes sérieuses, transparentes et indépendantes.
Parce que, dans un État de droit, poser des questions n’est pas un crime.
Demander des comptes n’est pas une rébellion.
Défendre les droits des citoyens n’est pas de la politique politicienne.
La Guinée n’a pas besoin de nouveaux slogans.
La Guinée a besoin de justice, de transparence et d’un État responsable, capable de protéger tous ses citoyens.
La Guinée appartient à tous ses enfants.
Notre devoir, en tant que citoyens, est de rester vigilants, de poser les questions qui dérangent et d’exiger des réponses lorsque l’intérêt général est en jeu.
La refondation doit commencer par le respect du citoyen.
Parce qu’un État fort n’est pas celui que le peuple craint.
Un État fort est celui auquel le peuple peut faire confiance.
Diallo Mohamed
Ingénieur réseaux et télécoms
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