L’ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, Kéamou Bogola Haba, fait depuis plusieurs jours l’objet d’une audition à la Direction centrale des investigations judiciaires (DCIJ) du Haut Commandement de la gendarmerie. Convoqué dans le cadre des enquêtes sur la rénovation des stades du 28-Septembre et de Nongo, il doit s’expliquer sur certaines décisions budgétaires et techniques prises durant sa gestion.
Des choix budgétaires sous examen
Selon nos sources, les enquêteurs s’intéressent à l’augmentation significative du budget du ministère sous son mandat. Le budget serait passé d’environ 400 milliards à plus de 2 500 milliards de francs guinéens, soit une hausse de 168 %, positionnant le ministère parmi les sept plus prioritaires du pays. Les autorités cherchent à comprendre les raisons de ce niveau d’engagement financier alors que d’autres secteurs demeuraient urgents.
Les décisions techniques en question
Bogola Haba est également interrogé sur son choix de remplacer le gazon synthétique prévu pour le stade du 28-Septembre par du gazon naturel. Selon ses déclarations, ce changement visait à moderniser l’infrastructure, le coût passant de 22 à 23 milliards de francs guinéens. Il affirme avoir consulté les acteurs concernés avant de trancher.
La défense de l’ancien ministre
Devant les enquêteurs, l’ex-ministre a justifié ses décisions par la nécessité de combler le retard de la Guinée en matière d’infrastructures sportives, en prévision notamment de la CAN 2025. Il aurait même plaidé pour un budget de 14 000 milliards afin de doter chaque préfecture d’un stade et d’une auberge d’ici 2033.
Ses proches soutiennent qu’il n’est accusé d’aucun détournement de fonds et dénoncent la durée de sa garde à vue sans assistance juridique, estimant que les investigations devraient être plus transparentes et pédagogiques.
Parcours récent
Nommé le 13 mars 2024 pour succéder à Lansana Béa Diallo, Bogola Haba a conservé le portefeuille des Sports après la réorganisation ministérielle de juillet 2025. Non reconduit après la démission du gouvernement Bah Oury en janvier 2026, il s’est présenté aux législatives du 31 mai 2026, sans succès.
L’audition se poursuit et le public attend que toute la lumière soit faite sur les décisions et les engagements financiers pris durant son mandat.
Avec Africaguinee
