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Niger : Tirs à Niamey et Suspension de la Télévision Nationale

Des tirs nourris ont secoué Niamey dans la nuit de vendredi à samedi et se sont poursuivis tôt le matin, paralysant la capitale. La télévision publique, Télé Sahel, a interrompu ses programmes, remplacés par un écran noir dès 09H00 (08H00 GMT). L’accès à des sites stratégiques comme la présidence et la télévision nationale était bloqué par des militaires, qui obligeaient les automobilistes à faire demi-tour.

 

Les affrontements se sont concentrés autour de la base 101, attenante à l’aéroport international, centre névralgique du régime dirigé par le général Abdourahamane Tiani depuis le coup d’État de juillet 2023. Le président renversé, Mohamed Bazoum, demeure captif tandis que la junte a renforcé ses liens avec la Russie et rompu avec la France.

 

L’origine des tirs reste inconnue, mais l’intensité dépasse celle des attaques jihadistes qui avaient déjà visé l’aéroport en janvier et en juin. Des habitants rapportent des rafales et des explosions ininterrompues depuis la nuit, tandis que d’autres ont observé des véhicules militaires contraints de rebrousser chemin.

 

Sur les réseaux sociaux, le régime militaire a appelé au calme et demandé d’éviter la diffusion de rumeurs, affirmant que les forces de défense et de sécurité sont mobilisées pour protéger la patrie.

 

La base 101 est particulièrement sensible : elle abrite le quartier général des partenaires russes Africa Corps et l’état-major de l’Alliance des États du Sahel (AES). Elle avait déjà été la cible de l’État islamique et du JNIM, la branche sahélienne d’Al-Qaida, qui avaient mené des attaques meurtrières en 2024.

 

Depuis le milieu des années 2010, le Niger subit des attaques jihadistes récurrentes, notamment dans la région de Tillabéri, comme ses voisins le Mali et le Burkina Faso. Ces trois pays, désormais réunis au sein de l’AES, accusent régulièrement la France de chercher à les déstabiliser, accusations que Paris dément fermement.

Avec l’AFP