Fassou Théa, nommé ministre de l’Environnement et du Développement durable dans le nouveau gouvernement, a pris ses fonctions ce mercredi 29 juillet 2026. Lors de la passation de service avec Djami Diallo, son prédécesseur, il a salué les plus hautes autorités du pays et présenté les grandes lignes de son mandat, axé sur la continuité, la préservation des ressources naturelles et le développement durable.
Fassou Théa a exprimé sa gratitude au président Mamadi Doumbouya pour sa confiance renouvelée et au Premier ministre pour son soutien constant. Il a assuré Djami Diallo de sa volonté de préserver, consolider et pérenniser les acquis de son mandat, en respectant le principe de continuité de l’action publique. Il a rappelé les richesses naturelles de la Guinée : ressources minières importantes, vastes massifs forestiers, écosystèmes terrestres et marins exceptionnels, et abondantes ressources hydriques.
« Les eaux qui prennent source en Guinée, principalement du massif du Fouta Djallon, irriguent 17 pays de la sous-région, conférant à la Guinée une responsabilité environnementale et géostratégique majeure. Ce massif, dont la candidature à l’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco est portée, constitue un héritage naturel précieux que nous devons préserver avec soin. Nous devons le restaurer et le valoriser pour les générations présentes et futures », a déclaré le ministre.
Fassou Théa a ensuite évoqué les enjeux auxquels son département est confronté. La Guinée traverse une phase de transformation historique, marquée par la réalisation de nombreux projets structurants dans les secteurs minier, énergétique, des infrastructures et de l’agriculture, inscrits dans la vision stratégique Simandou 2040 du chef de l’État. Ces investissements offrent des perspectives de croissance économique, de création d’emplois et de modernisation du pays.
« Cependant, ces opportunités s’accompagnent de défis majeurs, notamment les effets du changement climatique : inondations, érosion, dégradation des terres, perte de biodiversité et vulnérabilité accrue des communautés. À cela s’ajoutent les pressions liées aux activités humaines : déforestation, exploitation non durable des ressources naturelles, pollution, urbanisation rapide et mauvaise gestion des déchets », a-t-il souligné.
Face à ces défis, Fassou Théa s’engage à poursuivre les efforts de restauration du couvert végétal, de protection de la biodiversité, des aires protégées, des mangroves, des zones humides et des écosystèmes du pays. Il veillera à renforcer la gouvernance environnementale pour que les grands projets structurants respectent les normes environnementales et sociales, tout en assurant une meilleure prévention, réduction des impacts et restauration durable du milieu récepteur. Il accordera une attention particulière à l’adaptation au changement climatique, à la résilience des communautés, à la gestion durable des déchets, au développement de l’économie verte et à la mobilisation des financements climatiques.
Le nouveau ministre a annoncé le renforcement progressif du principe du « pollueur-payeur », des mécanismes de financement carbone et d’autres instruments économiques de protection de l’environnement pour financer les politiques publiques environnementales et responsabiliser les acteurs économiques.
Il a souligné que les défis environnementaux dépassent les frontières nationales et exigent une coopération internationale forte. La Guinée va renforcer sa présence au sein des instances internationales consacrées au climat, à la biodiversité et au développement durable, afin de porter une diplomatie environnementale ambitieuse, capable de défendre les intérêts du pays, de valoriser son capital naturel, de mobiliser des financements innovants et de renforcer les partenariats techniques et scientifiques indispensables à son développement.
Yazid Al DJIGUÉ
