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Ancien INFP : la CRIEF ouvre une enquête judiciaire sur la gestion de 53 milliards 695 millions de francs guinéens (GNF)

La justice guinéenne a lancé une enquête préliminaire d’envergure sur la gestion de l’École nationale d’administration de Guinée (ENA-Guinée), anciennement Institut national de formation et de perfectionnement (INFP).  L’enquête porte sur un montant considérable de 53 milliards 695 millions de francs guinéens (GNF), correspondant aux subventions publiques allouées à l’établissement entre 2023 et le premier trimestre 2026.

 

Le procureur spécial près la CRIEF, Alphonse Charles Wright, a mobilisé une force de frappe interservices pour faire toute la lumière sur ce dossier.  Les investigations sont menées par l’Office de répression des délits économiques et financiers (ORDEF), la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) et les services spéciaux de la présidence de la République.

 

La procédure cible les principaux dirigeants de l’ENA-Guinée : Mamadou Barry, directeur général, Mamady Diawara, directeur général adjoint, et Siaka Keïta, responsable du service Infrastructures, logistique, maintenance et sécurité.  Des qualifications pénales lourdes sont envisagées, notamment détournement de deniers publics, corruption, blanchiment de capitaux, enrichissement illicite, prise illégale d’intérêts et faux et usage de faux.

 

Les enquêteurs examinent de près la réalité et la traçabilité de plusieurs programmes de formation majeurs financés sur fonds publics. Trois opérations importantes, totalisant près de 15 milliards de GNF, sont suspectées : la formation de 10 000 nouveaux fonctionnaires prévue pour 2024 (plus de 9 milliards de GNF), la formation des cadres et des élus locaux budgétisée pour 2025, et le programme de renforcement destiné aux « exécutive managers stratégiques ».

 

Au-delà de ces opérations, une note transmise au parquet spécial révèle de graves lacunes structurelles.  Des écarts de salaire et d’avantages injustifiés entre des agents soumis au même régime administratif ont été constatés dans la grille des rémunérations.  Ce problème aurait été exacerbé par l’absence totale d’un Conseil d’administration légalement constitué depuis la création de l’ex-INFP.

L’affaire est actuellement en phase d’instruction policière. Les services d’enquête et la CRIEF devront analyser les flux financiers de l’ENA-Guinée afin de confirmer les infractions et d’identifier les responsabilités pénales.

EnQuete224.com