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Marie Hélène Bangoura, journaliste sportive : « Les femmes doivent oser se lancer et croire en leur potentiel »

À l’occasion de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, les appels à l’engagement de la gent féminine pour sortir de l’ornière se multiplient. C’est le cas de Marie Hélène Bangoura, journaliste spécialisée en sport, qui a su s’imposer dans un domaine longtemps dominé par les hommes. Avec détermination et persévérance, elle a su tracer sa voie et se faire une place parmi les plus grandes voix du journalisme sportif, devenant ainsi un modèle pour de nombreuses jeunes femmes dans le milieu du journalisme sportif. Dans un entretien accordé à un reporter de Guineematin.com, elle a expliqué ses motivations et invité à se battre pour atteindre le sommet.

Passionnée du marketing commercial, au fil des années, Marie Hélène Bangoura a réussi à se frayer un chemin dans un domaine qui n’était pas gagné d’avance. Cette mère de deux enfants, passionnée et déterminée, revient sur son parcours, ses défis et sa vision de l’avenir pour les femmes dans ce domaine. « Je me sens à l’aise parce qu’il faut que les femmes s’illustrent dans ce métier. On dit souvent que ce sont les hommes qui sont plus écoutés, qui ont des analyses pertinentes et qui sont plus endurants dans le métier. Donc, il faut renverser cette tendance. Il faut donner la chance à ces femmes et ça commence par nous. Si nous nous illustrons très bien, d’autres femmes vont prendre l’exemple sur nous. C’est pourquoi je me sens bien dedans. Ce n’était pas une passion depuis l’enfance de faire le journalisme. Ma passion a toujours été d’être une commerciale. Je suis née dans une famille où mon père et ma mère étaient commerçants. J’ai fait des études en gestion commerciale et financière. Après mes études, on m’a recrutée en tant qu’agent commercial dans un médias de la place. Mais, vu qu’il n’y avait pas trop d’activités dans ce secteur, j’ai vu les autres secteurs comme le journalisme. Je suis partie d’abord chez les techniciens, montage vidéo, prise de vue. J’ai appris, ils m’ont montré comment ça se passe. J’ai facilement appris. J’ai commencé par le média généraliste, j’ai appris la présentation et j’ai vu que c’était bien. Après cela, on m’a demandé aussi d’animer les émissions. Je suis partie aussi dans la section culture, j’ai animé des émissions. Jusqu’à ce que d’autres médias ont cru en moi. C’est là que le média spécial sport a vu mon talent et m’a recrutée. Et là, je me suis spécialisée en sport », a-t-elle expliqué.

Son entrée dans le monde du journalisme sportif n’a pas été immédiate, mais dès ses premiers pas, elle a su se distinguer par son professionnalisme et sa passion. Plus loin, Mme Camara née Marie Hélène Bangoura se définit comme une femme de défi. Elle explique son parcours teinté de défis et d’abnégation. « Moi, j’aime les défis. J’aime vraiment tenter les activités où on croit que ce sont moins les hommes qui aiment faire ces activités. Quand je suis partie dans ce média, dans notre rédaction, il n’y avait que des hommes. On n’était que deux dames. Du coup, les autres m’ont demandé pourquoi ne pas partir dans la section culture. J’ai dit non, je vais rester dans la section sport. Bien que je n’ai pas étudié cette profession, mais je vais apprendre auprès de ces hommes. Heureusement, il y avait mes mentors, des collègues qui étaient vraiment gentils, qui m’ont approchée, qui m’ont montrée beaucoup de fenêtres, beaucoup de choses dans le sport. Comment avoir le jargon sportif et tout.  Du coup, moi aussi, j’étais vraiment courageuse, je les ai suivis dedans. Quand ils partaient au stade, je les suivais. Quand ils commentaient les matchs, je les suivais. Quand ils traitaient des informations sportives, je les regardais. Je les regardais faire des émissions, préparer des émissions sportives etc. C’est comme ça que c’est parti jusqu’à ce que je me suis vraiment introduite dedans. Depuis lors, ils m’ont demandé à ce que moi aussi je sois sur le terrain, sur les différents stades du pays pour aller couvrir les événements sportifs vu que je savais filmer, je savais poser la voix et je savais vraiment monter moi-même. Ils m’ont fait confiance à la salle de rédaction. Ils me mettaient sur tous les événements sportifs. À l’époque aussi, comme je l’ai dit, on n’était que deux dames. Donc c’était vraiment une nouveauté pour le public sportif. Avant, ils ne voyaient que les hommes sur le terrain, sur le stade. Mais depuis que ce média est venu en Guinée, ils m’ont envoyé au terrain faire des interviews, faire des stand-up… Je n’avais pas ce tract au fait. Comme je l’ai dit, j’aimais aborder les gens, mais dans le cadre professionnel. Je riais avec les gens pour tirer quelque chose de potentiel. Du coup, les gens se sont intéressés à moi. J’ai profité de cette occasion pour me faire un nom dans ce métier. Je dis Alhamdoulilah, parce que grâce à nous, il y a aussi des jeunes filles qui sont venues derrière, qui ont aimé ce métier et qui le pratiquent », a-t-elle fait savoir.

Des difficultés ?

« Oui, bien sûr, les difficultés, on les a rencontrées en tant que femme mais pas avec mes collègues de travail à la rédaction (…)  Mais d’autres personnes qui ne partageaient pas le même média que moi, c’est-à-dire des gens qui ont vu que vraiment cette dame était en train de prendre notre place… ne m’ont pas fait de cadeau. Comme je l’ai dit, la plupart des hommes pensent que ce sont eux qui peuvent tout faire. Mais quand je tiens à quelque chose, j’arrive jusqu’au bout et je ne recule devant rien. Donc, des difficultés comme ça, on en rencontrait plutôt à l’extérieur de ma rédaction. Par exemple, quand il s’agit des missions internationales, des missions où vous devez aller couvrir la Coupe d’Afrique des Nations ou d’autres compétitions internationales. Par exemple, pour le choix, on favorise plus les hommes que les dames. Tu peux voir une liste de 100 personnes, il n’y a que 5 dames dedans », dévoile Marie Hélène Bangoura.

Concernant son engagement professionnel et la gestion de son foyer, madame Camara s’en sort bien, selon elle. Elle dit être tombé sur un mari compréhensif. « Je dirais Alhamdoulilah, je suis tombée sur un mari compréhensif. Un mari qui me soutient, un mari qui n’a pas de problème. Depuis que nous nous sommes connus, franchement, tout se passe bien. Même si, parfois, il y a des petits problèmes.  Mais bon, on gère, parce que c’est toujours comme ça, un couple. Parfois, il y a des petits problèmes, mais vous gérez ensemble. Mais, s’agissant vraiment de mon foyer, de mes activités au foyer, je dirais que, voilà, j’ai l’aide de mon mari. Quand on n’avait pas encore des enfants, par exemple, il m’aidait dans mes tâches ménagères. Quand on quitte le boulot, si je dois me préparer, par exemple, je peux préparer le repas pour deux ou trois jours, comme ça. Il n’a pas de problème à cela, il peut manger ça. Des fois même, il ne mange pas, peut-être qu’on mange au restaurant, ou en rentrant, on achète à manger, on rentre avec. Moi, j’ai un mari qui me comprend énormément », a dit la directrice commerciale adjointe à Kaback TV, après avoir longtemps servi à CIS Médias.

À noter que Marie Hélène Bangoura a couvert plusieurs Coupes d’Afrique de football, CHAN, compétitions juniors, le Maracana, le Handball, les Jeux Olympiques notamment ceux de Paris 2024.

 

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