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Présidentielle guinéenne de 2010 : Sékouba Konaté lève le voile sur les coulisses

Seize ans après le scrutin présidentiel de 2010, l’ancien président de la transition, le général Sékouba Konaté, a ravivé le débat sur les irrégularités qui auraient entaché l’élection. Invité ce jeudi 8 octobre 2026 sur LGF TV, il est revenu avec force détails sur les deux tours du vote, évoquant des bourrages d’urnes et une supposée implication sud-africaine.

 

Bourrage d’urnes au premier tour

Sékouba Konaté affirme que le premier tour, organisé le 27 juin 2010, n’a pas été exempt de fraude. Selon lui, « les urnes ont été bourrées par ceux qui prétendent avoir remporté ce premier tour ». Il encourage d’ailleurs à enquêter auprès des anciens membres de la CENI pour confirmer ces pratiques.

 

À l’issue de ce premier tour, c’est Cellou Dalein Diallo qui était arrivé en tête, sur la base d’un fichier électoral biométrique conçu par la société française SAGEM.

 

Une supposée ingérence sud-africaine lors du second tour

C’est surtout le second tour, tenu le 7 novembre 2010, qui suscite les accusations les plus lourdes. L’ancien chef de la transition soutient que le vainqueur final, Alpha Condé, aurait bénéficié d’un soutien logistique venu d’Afrique du Sud. La société sud-africaine Waymark avait alors intégré le dispositif électoral, remplaçant partiellement le système de SAGEM, avec transfert des données biométriques.

 

« Au deuxième tour, celui qui l’a emporté a également manœuvré. Il s’est rendu en Afrique du Sud, car ce sont les Sud-Africains qui ont ensuite fourni les machines », a affirmé Konaté. Il dit tenir ces informations de Jacob Zuma, alors président sud-africain : « Je me suis rendu chez le président Zuma, qui me l’a expliqué personnellement. »

 

Des contreparties évoquées

Selon Sékouba Konaté, l’ingérence présumée de l’Afrique du Sud aurait été assortie de promesses de contrats et d’avantages économiques. Il établit même un lien indirect entre cette affaire et les difficultés rencontrées plus tard par Jacob Zuma, affirmant que ce dernier « a été trahi », sans fournir plus de précisions.

 

Un témoin à distance

Au moment du second tour, Sékouba Konaté se trouvait au Maroc. Il explique avoir pris connaissance des résultats depuis l’étranger :

 

« J’étais au Maroc lors du deuxième tour, pas à Conakry. Lorsqu’on m’a informé, j’ai répondu : “C’est votre décision. Que vous connaissiez ou non les résultats, cela vous regarde.” »

 

L’ancien président de la transition invite désormais à recueillir le témoignage des acteurs de l’époque, notamment au sein du CNDD et de la CENI, pour confirmer ses révélations :

 

« Renseignez-vous : les urnes ont été bourrées au premier tour. Et au deuxième tour, l’autre candidat a truqué les résultats avec l’aide des intervenants sud-africains. »

 

Ces nouvelles déclarations relancent le débat sur la transparence de la présidentielle de 2010, un scrutin qui avait marqué un tournant historique pour la Guinée, mais dont les zones d’ombre persistent encore aujourd’hui.

Yazid