À l’approche de la rentrée scolaire, les tensions s’exacerbent entre les syndicats de l’éducation et le gouvernement guinéen. Lors d’une conférence de presse tenue le lundi 21 septembre 2026, les responsables syndicaux ont dénoncé le non-respect du protocole d’accord signé le 3 janvier dernier. Ils conditionnent désormais une reprise sereine des cours à la satisfaction de plusieurs revendications, notamment l’intégration effective des enseignants contractuels.
Au centre du conflit figure l’application des engagements issus des négociations tripartites entre l’intersyndicale de l’éducation, le gouvernement et le CNDS. Les syndicats accusent les autorités de ne pas respecter les dispositions relatives au recrutement des enseignants contractuels, malgré l’annonce d’un recrutement massif à la fonction publique.
Kadiatou Bah, secrétaire générale du SLECG, rappelle que ces enseignants ont déjà suivi toutes les étapes nécessaires : recensement, biométrie et concours pratique. Pour elle, leur situation ne doit pas être traitée comme une nouvelle procédure de recrutement. « Nous sommes des enseignants de Guinée. Les contractuels communautaires ont franchi toutes les étapes prévues et ne devraient pas subir un nouveau concours », a-t-elle insisté.
Les syndicats dénoncent également le non-versement de salaires suspendus depuis 2023 et exigent la régularisation des dossiers de changement de grade pour les enseignants formés dans les ENI et à l’université. Aboubacar Soumah, président du SLECG, fustige une « violation flagrante » de l’accord du 3 janvier 2026, fruit de longues négociations.
Concernant les contractuels, l’intersyndicale réclame leur engagement direct, conformément au protocole, sans nouvelle épreuve. Elle demande aussi un réexamen des dossiers des enseignants non retenus en fonction de leur expérience en classe et une priorité pour ceux de Conakry via un concours pratique spécifique.
Autres points de tension : la signature du statut particulier de l’éducation et le paiement de la prime de fonction destinée aux responsables des départements éducatifs, toujours non versée. Selon Michel Pépé Balamou, secrétaire général du SNE, 14 500 enseignants contractuels avaient été recensés et biométrisés en 2024 ; seuls 10 000 ont été retenus après l’évaluation pratique, laissant 4 500 recalés.
À quelques jours de l’ouverture des classes, l’intersyndicale avertit : sans respect des engagements, « il n’y aura pas de rentrée apaisée ». Elle appelle le gouvernement à agir rapidement pour éviter des perturbations majeures de l’année scolaire.
Djigué
