À Labé, un accord a été trouvé entre les autorités locales et les bouchers concernant le prix du kilogramme de viande bovine, mettant fin à plusieurs jours de tensions. Réunis au gouvernorat, les responsables administratifs, les élus communaux et les représentants des coopératives de bouchers ont convenu d’un prix fixé à 60 000 francs guinéens. Cet accord s’accompagne de mesures strictes pour garantir l’hygiène, lutter contre la spéculation et réorganiser le secteur.
Jeudi 20 août 2026, après des négociations au Gouvernorat, un compromis a été trouvé : le prix du kilogramme de viande bovine est désormais fixé à 60 000 francs guinéens, contre 50 000 francs guinéens initialement convenus lors d’un accord conclu pendant le Carême.
Le gouverneur de la région administrative de Labé, le Général de 2e Classe Boundouka Condé, a rappelé que les bouchers avaient accepté, après des discussions avec les autorités, de vendre la viande à 50 000 francs guinéens le kilogramme à partir du 1er août 2026. Cet engagement initial s’est toutefois avéré difficile à tenir.
Malgré l’engagement initial, la mise en œuvre de l’accord s’est heurtée à des difficultés sur le terrain. Pour garantir le respect des termes de l’accord, la commune urbaine de Labé a fermé plusieurs kiosques. Cependant, les autorités ont préféré une approche prudente, privilégiant l’écoute des professionnels concernés avant de prendre une nouvelle décision.
Lors de la réunion, les représentants de la profession boucheronne ont expliqué les contraintes économiques auxquelles ils sont confrontés. Le gouverneur a détaillé le circuit logistique complexe des animaux destinés aux marchés de Labé, qui passent par plusieurs marchés à bétail, des intermédiaires et des points de taxation, ce qui augmente considérablement les coûts et réduit les marges bénéficiaires des vendeurs. « Il était essentiel de comprendre les difficultés des bouchers et de trouver des solutions adaptées », a déclaré le Général Boundouka Condé.
Suite à une analyse approfondie des réalités économiques du secteur, les autorités ont accepté une révision du prix. Si ce compromis tarifaire est une avancée positive, le gouverneur a également mis en lumière plusieurs dysfonctionnements organisationnels au sein du secteur. Parmi les pratiques pointées du doigt figurent notamment la concentration de plusieurs kiosques sous la gestion d’une même entité, ainsi que la sous-location de ces espaces à des tarifs supérieurs à ceux fixés par la commune. Ces situations, selon les autorités, perturbent l’équilibre du marché et nécessitent une intervention municipale pour optimiser la gestion des espaces commerciaux.
Le respect des normes sanitaires est un prérequis à la réouverture des boucheries fermées. Le gouverneur a insisté sur le fait que la réouverture ne dépendra pas uniquement du nouveau prix fixé. Les kiosques devront également répondre aux exigences d’hygiène requises pour la vente de viande. À cet effet, le maire de Labé a été chargé de rencontrer les coopératives de bouchers pour leur présenter les nouvelles dispositions et les accompagner dans leur mise en œuvre.
Enfin, une concertation régionale est prévue pour aborder ces questions et trouver des solutions durables.
Au-delà de la gestion immédiate de la crise, les autorités souhaitent engager une réflexion plus approfondie sur l’avenir de la filière. Une rencontre régionale réunissant bouchers, éleveurs, commerçants, autorités communales et services techniques est prévue dans les prochaines semaines. L’objectif est d’identifier les obstacles à la commercialisation du bétail et de mettre en place des solutions durables, notamment avant le Carême, période de forte demande.
Les consommateurs sont invités à signaler toute irrégularité. Le gouverneur a appelé les citoyens à dénoncer toute vente de viande au-delà des 60 000 francs fixés. Les bouchers reconnus coupables de spéculation ou de non-respect de cette décision seront sanctionnés par les autorités communales compétentes.
Le compromis entre les autorités et les professionnels du secteur met fin à une période de tensions sur le marché de la viande à Labé. Il reste à voir si cette décision permettra de concilier les attentes des consommateurs, soucieux de leur pouvoir d’achat, et les contraintes économiques des bouchers face à la hausse des coûts d’approvisionnement.
Pour les autorités régionales, l’enjeu va au-delà de la simple fixation d’un prix : il s’agit de construire une filière plus transparente, plus saine et capable d’assurer un approvisionnement stable et durable de la population.
Avec Infosbruts
