Le Port autonome de Conakry (PAC) a connu une chute vertigineuse dans le classement mondial des ports à conteneurs. Considéré en 2023 comme l’une des plateformes les plus performantes d’Afrique de l’Ouest, il a chuté à la 399ᵉ place sur 400 au classement de la Banque mondiale pour 2025. Sur le continent africain, il se retrouve désormais à la 53ᵉ place sur 54, juste devant le port du Cap. Cette dégringolade soulève des questions quant aux causes de cet effondrement logistique.
L’« Indice de performance des ports à conteneurs 2025 » (CPPI), publié en juin par la Banque mondiale et S&P Global Market Intelligence, évalue le temps écoulé entre l’arrivée d’un navire en rade et son départ du poste d’amarrage après l’échange de cargaisons. Le PAC a perdu 164 places en une seule année, passant de la 235ᵉ position mondiale en 2024 à la 197ᵉ en 2023. Le rapport souligne la détérioration significative du port de Conakry, mettant en évidence une « congestion chronique » et une « forte aggravation des délais de rotation des navires ».
Selon les données de l’étude, l’indicateur d’utilisation des postes à quai révèle que les navires n’ont passé qu’un peu plus de 37 % de leur temps à quai en 2025 au Port autonome de Conakry (PAC), contre environ 73 % l’année précédente. Ce chiffre illustre ce que le document qualifie d’« effondrement de la fluidité des opérations ». Les institutions responsables du classement attribuent cette contre-performance aux effets cumulés des « perturbations internationales des lignes maritimes » appliquées à un port dont les « capacités d’absorption demeurent limitées ».
Au-delà du cas guinéen, la Banque mondiale et S&P Global Market Intelligence soulignent que la majorité des ports africains connaissent des temps d’escale allongés. Cette situation est due à une « durée excessive des cycles de chargement/déchargement », conséquence de contraintes de capacité, d’une faiblesse des investissements, d’une connectivité plus faible avec l’arrière-pays et d’une concurrence interportuaire limitée. Le rapport précise également que les ports dominés par les flux d’importation font face à « une plus grande incertitude en matière de parcs à conteneurs et de stockage », contrairement aux plateformes d’exportation.
Dans ce nouveau classement, le Port autonome de Conakry ne devance plus que le port du Cap en Afrique du Sud, classé à la 400ᵉ et dernière place mondiale. Le port marocain de Tanger Med conserve sa position de premier port africain, se classant à la 6ᵉ place internationale.
Yazid Al DJIGUÉ
