À Nongo, dans la commune de Lambanyi, Aliou Barry, gérant d’un centre de loisirs, fait face à des accusations de nuisances sonores. Le parquet du tribunal de Dixinn a requis une peine de six mois de prison ferme à son encontre lors de l’audience correctionnelle du mercredi 10 juin 2026. Aliou Barry a nié les faits, affirmant avoir utilisé du matériel adapté pour minimiser les nuisances sonores, notamment envers Elhadj Ibrahima Boiro, ancien ministre de l’Environnement sous le régime d’Alpha Condé, qui s’est constitué partie civile. L’affaire oppose donc Elhadj Ibrahima Boiro à Aliou Barry, propriétaire d’un lounge bar, dans le quartier de Nongo. L’audience du 10 juin a été consacrée aux réquisitions et plaidoiries des parties.
L’avocat du plaignant, Elhadj Ibrahima Boiro, a pris la parole en premier. Il a expliqué que son client résidait à Nongo depuis plusieurs décennies et y avait construit sa maison, où il vivait paisiblement avec ses voisins. Cependant, à sa grande surprise, son voisin mitoyen a vendu sa concession à Monsieur Aliou, qui en a fait un lounge bar. Dès 17h ou 18h, Monsieur Aliou allume ses haut-parleurs, et la musique continue jusqu’à 7h ou 9h le lendemain matin. Depuis l’ouverture du lounge bar, M. Boiro ne peut plus dormir ni se concentrer sur autre chose. Ils dénoncent ces nuisances sonores persistantes, malgré les rappels à l’ordre. En tant que partie civile, ils ont subi des préjudices et demandent que le lounge bar et Monsieur Aliou Barry soient reconnus coupables. Ils réclament réparation et sanctions pour mettre fin à ces nuisances sonores.
L’avocat de la partie civile a également demandé des peines complémentaires, notamment l’interdiction des activités professionnelles de Monsieur Aliou Barry et le paiement de 150 millions de francs guinéens à titre de dommages et intérêts.
Lors de ses réquisitions, le représentant du ministère public a souligné que les bruits émis par le prévenu dépassaient largement les normes autorisées. Il a affirmé que M. Barry avait intentionnellement causé des nuisances à son voisin, qui en subissait les conséquences. Le procureur a rappelé l’importance du Code de l’environnement et a insisté sur le fait qu’il n’avait pas été mis en place pour être ignoré. Compte tenu de ces éléments, il a requis la condamnation d’Aliou Barry, demandant une peine de six mois d’emprisonnement et une amende de cinq millions de francs guinéens. Il a également demandé la fermeture définitive du lounge bar et la confiscation du matériel à l’origine des nuisances sonores.
La défense, quant à elle, a estimé que le ministère public n’avait apporté aucune preuve tangible à l’encontre de son client. Elle a souligné les efforts déployés par M. Barry pour apaiser la situation, allant même jusqu’en Chine pour se procurer du matériel approprié. L’avocat de la défense a averti que toute condamnation dans cette affaire aurait des conséquences considérables pour tout Kaloum, étant donné la présence de nombreuses salles de conférence et de fête dans le quartier. Il a donc demandé au président de renvoyer l’affaire pour un examen plus approfondi, déclarant qu’il n’y avait aucune infraction dans cette affaire.
Pour sa propre défense, Aliou Barry, a sollicité la clémence du tribunal, affirmant qu’il n’y avait plus de nuisances sonores la nuit et a insisté sur le fait qu’il n’avait aucune intention de causer du tort à qui que ce soit.
L’affaire a été renvoyée au 1er juillet 2026 pour le délibéré.
Ave Guineematin
