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Coyah : la revente controversée d’une parcelle familiale scandalise Doumbouya École

Une affaire de confiance trahie secoue aujourd’hui la localité de Doumbouya École, dans la commune urbaine de Coyah.

Au cœur du scandale : la revente d’une parcelle déjà légalement cédée à un couple, dans ce qui apparaît désormais comme une affaire d’abus de confiance qui met en cause plusieurs membres d’une même famille.
Une plainte officielle a été adressée au Tribunal de Première Instance de Coyah afin que la justice fasse toute la lumière sur cette affaire qui, selon les plaignants, révèle une grave trahison des engagements familiaux et administratifs autrefois scellés autour du domaine familial Bangoura.
Une parcelle légalement cédée… puis mystérieusement revendue
Selon les documents joints à la plainte, la parcelle litigieuse fait partie d’un domaine familial situé à Doumbouya École.
Dans le cadre du partage officiel :
la parcelle n°12 a été attribuée à Bangoura Abass,
la parcelle n°14 à feue Nènè Nkoya Bangoura, aujourd’hui représentée par ses héritiers, notamment son fils aîné Karim Camara.
Sur la base d’attestations de cession établies en bonne et due forme, ces parcelles ont été vendues légalement au couple plaignant.
Mais dans une tournure qui choque aujourd’hui les observateurs de cette affaire, la parcelle n°14 aurait été revendue à une autre personne, alors qu’elle ne faisait plus partie du patrimoine disponible de la famille.
Nouha Bangoura au centre des accusations
Dans la plainte déposée devant la justice, Nouha Bangoura, frère de même mère que la défunte Nènè Nkoya Bangoura, apparaît comme l’acteur central de cette revente controversée.
Les plaignants affirment que cette transaction n’aurait pu se faire sans son implication directe, alors même que la parcelle avait déjà fait l’objet d’une cession régulière et documentée.
Selon les éléments évoqués dans le dossier, cette revente aurait été soutenue ou couverte par ses frères Momo Bangoura et Hamidou Bangoura, qui faisaient pourtant partie des signataires de l’engagement familial entourant la gestion du domaine.
Pour les plaignants, cette situation soulève une question simple mais troublante : comment des signataires d’un engagement solennel peuvent-ils aujourd’hui cautionner la remise en cause d’une vente qu’ils avaient eux-mêmes validée ?
Une mémoire familiale trahie
L’affaire prend une dimension encore plus symbolique lorsqu’on se souvient que tous les documents administratifs relatifs à ces parcelles avaient été établis du vivant de feu Ibrahima Sory Bangoura, ancien chef de quartier respecté.
À l’époque, celui-ci avait apposé sa signature et son sceau officiel sur les documents, en collaboration avec les autorités administratives compétentes, afin de garantir la transparence et la sécurité des transactions liées au domaine familial.
Aujourd’hui, la remise en cause de ces actes donne à certains le sentiment que la parole donnée et l’autorité morale qui entouraient ces engagements ont été trahies.
Plusieurs proches de la famille n’hésitent pas à dire que feu Ibrahima Sory Bangoura, de là où il repose aujourd’hui dans le Royaume des cieux, serait profondément déçu de voir les engagements qu’il avait contribué à formaliser ainsi fragilisés par ceux-là mêmes qui les avaient signés.
Un préjudice considérable
Face à ce qu’ils considèrent comme un abus de confiance caractérisé et une revente frauduleuse, les plaignants demandent à la justice :
de constater et sanctionner les faits conformément aux lois en vigueur ;
d’ordonner la restitution de la parcelle litigieuse ;
et de condamner les personnes mises en cause au paiement de 500 millions de francs guinéens à titre de dommages et intérêts pour les préjudices matériels et moraux subis.
Une affaire qui ravive le débat sur les litiges fonciers
Au-delà de ce conflit précis, cette affaire remet en lumière un phénomène bien connu en Guinée : les ventes multiples et les conflits fonciers qui plongent souvent les acquéreurs dans des batailles judiciaires longues et coûteuses.
Chaque année, de nombreux citoyens découvrent que des terrains qu’ils ont acquis légalement sont revendus à d’autres acheteurs, provoquant tensions familiales, conflits sociaux et procédures interminables.
La justice appelée à trancher
Le couple plaignant, actuellement basé à Montréal, a mandaté un avocat afin de défendre ses intérêts devant la justice guinéenne.
Désormais, le Tribunal de Première Instance de Coyah est appelé à faire toute la lumière sur cette affaire, qui soulève des questions de confiance, d’honneur familial et de respect des engagements juridiques.
Car au-delà des documents et des signatures, cette affaire pose une interrogation qui dépasse le simple cadre foncier :
peut-on impunément revenir sur une parole donnée et un engagement signé devant la communauté et l’administration ?
La réponse appartient désormais à la justice.

Mamadou Lamine Diallo
Journaliste – Juriste à Montréal.