Suite à l’enlèvement de la mère et de la grande sœur de l’ancien ministre Tibou Kamara, la Coordination des Défenseurs des Droits Humains (CODDH) a fermement condamné ces actes, les qualifiant de partie intégrante d’une répression systématique des voix dissidentes et de leurs proches. Dans une déclaration publiée le vendredi 6 mars 2026, l’organisation a dénoncé des actes de violence et d’intimidation, les considérant comme des violations flagrantes et inacceptables des lois nationales et des engagements internationaux de la Guinée.
La CODDH a rappelé que la Guinée, en tant qu’État partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) et à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), est tenue de garantir le droit à la vie (article 6 du PIDCP ; article 4 de la CADHP) ainsi que le droit à la liberté et à la sécurité, y compris la protection contre toute arrestation ou détention arbitraire (article 9 du PIDCP ; article 6 de la CADHP).
Compte tenu de la gravité de la situation, la CODDH a saisi le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, lui demandant de diligenter immédiatement une enquête indépendante, sérieuse et impartiale afin d’identifier les auteurs de ces enlèvements, de localiser les victimes et de les restituer à leurs familles dans les plus brefs délais.
La CODDH exige également des autorités compétentes une communication transparente et régulière sur l’évolution des enquêtes. Elle demande formellement que l’intégrité physique et morale des membres de la famille de Monsieur Tibou CAMARA soit assurée.
De plus, la CODDH exige la cessation immédiate des interpellations extrajudiciaires menées par des agents cagoulés, pratiques qui minent les fondements de l’Etat de droit. Elle exhorte les forces de sécurité au strict respect des procédures légales : toute interpellation doit être effectuée sur la base d’un mandat régulièrement délivré par une autorité judiciaire compétente, et toute détention doit avoir lieu dans des lieux officiellement reconnus et déclarés conformément à la loi.
Lire ci-dessous la déclaration de la CODDH :declaration_CODDH_enlevement_famille_Tibou_06_03_26
