Quelques jours après sa prise de fonction, le Premier ministre de la 5e République, Amadou Oury Bah, actuellement en train de former son prochain gouvernement, s’est exprimé sur les défis qui attendent la classe dirigeante. Lors de sa première sortie médiatique, le chef du gouvernement guinéen a pointé du doigt la lenteur dans le traitement des dossiers, une situation qui affecte considérablement le service public.
« L’exercice du pouvoir au niveau gouvernemental a montré qu’il y avait beaucoup de défiance et de déficits sur le plan organisationnel, sur le plan de la capacité d’être proactif pour répondre avec célérité aux attentes. Par exemple, la nécessité de réduire complètement les délais par rapport à la mise en forme d’un projet, le circuit administratif et financier excessivement lourd : un projet urgent qui prend un an et demi, deux ans. Des chantiers qui démarrent, qui ne se terminent jamais. Ça, c’est extrêmement pénible et des constats avaient établi qu’il y avait beaucoup de, j’allais dire, un éparpillement des centres de décision au lieu d’avoir une cohérence dans le cheminement du processus de décision. D’où la nécessité de mettre ensemble, et comme parce que vous savez, nos compatriotes, la mentalité qui a toujours prévalu en Guinée, un ministère devient comme une forteresse. Or, un gouvernement, c’est l’ensemble des ministères et pour que le gouvernement fonctionne, pour que le gouvernement soit efficace, il faut qu’il y ait, j’allais dire, la transversalité entre tous les comportements de ce gouvernement. Donc, il faudrait que les ministères se parlent, que les ministères communiquent et malheureusement, la tendance naturelle qui a prévalu pendant de longues décennies, parce que vous savez, les habitudes, on ne les change pas du jour au lendemain. On a déploré des évolutions en silo au lieu de développer un esprit d’équipe, un esprit de collégialité pour tirer profit de toutes les synergies qui auraient pu être possibles. Les changements de l’architecture gouvernementale tendent à apporter une amélioration à ce niveau-là. C’est aussi un exercice ; on examinera à l’épreuve des faits ce qu’il en sera », a souligné Amadou Oury Bah, jeudi 29 janvier 2026, au cours d’un entretien avec la GMD TV.
Al Djigué
