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Kagbélen : plusieurs enfants perdent la vie dans un incendie

À Kégbélén-Kaléma, dans la commune de Kagbélén, un incendie tragique a coûté la vie à trois enfants dans un atelier de menuiserie. Moussa Camara (13 ans) et Issa Camara (14 ans), deux cousins, ainsi qu’Oumar Camara (10 ans), leur ami, ont péri dans ce sinistre dont l’origine reste inconnue.

 

L’incendie a été découvert aux alentours de 3 heures du matin. Malgré les efforts des personnes venues porter secours, l’ampleur des flammes les a rendus impuissants, et ils n’ont pu sauver que deux des quatre occupants de l’atelier.  L’une des personnes sauvées a été grièvement blessée.  L’intervention des sapeurs-pompiers, bien que tardive, a été déterminante dans le sauvetage de cette personne.

 

« C’est aux environs de 4 heures du matin que nous avons été appelés pour nous informer que notre atelier était en train de brûler. Je travaille ici avec mon frère jumeau, qui est tapissier. Nous tenions l’atelier à deux : lui et ses apprentis d’un côté, et moi de l’autre. Mais tout a été ravagé par les flammes. Nous avons tout perdu. Dans cet atelier, il y avait des machines, des instruments de travail, des lits, des fauteuils, des portes… absolument tout. La perte la plus douloureuse reste toutefois le décès de trois personnes. Deux apprentis ont trouvé la mort, ainsi qu’un de leurs amis qui était venu passer la nuit avec eux. Lorsque nous sommes arrivés vers 4 heures, le feu était déjà très violent. On m’a d’abord parlé d’une seule personne décédée, mais j’ai fait remarquer que plusieurs personnes passaient habituellement la nuit ici. C’est finalement ainsi que les deux autres corps ont été retrouvés. Une seule personne a survécu, la plus âgée d’entre eux. Elle s’en est sortie avec de graves brûlures et se trouve actuellement hospitalisée dans un état critique », a expliqué Alseny Samoura, maître menuisier.

 

Parmi les premiers secours arrivés sur les lieux, le père d’Issa Camara a été témoin impuissant de la mort de son fils.  Apprenti chauffeur, Issa a péri dans l’accident, et seul son corps, enlacé à celui d’un autre, a pu être récupéré.

« Je suis resté avec mon fils à jouer jusqu’aux environs de 22 heures. À ce moment-là, je lui ai demandé de rentrer, car il se faisait tard. Il m’a répondu qu’il allait passer la nuit ici avec ses amis. Ce sont avec ces mêmes amis qu’il joue et passe presque tout son temps. Habituellement, il dort dans un véhicule, puisqu’il est apprenti chauffeur. Aux environs de 3 h 40, ma femme a aperçu les flammes et m’a réveillé. Dès que je suis sorti, j’ai immédiatement pensé que mon fils était décédé. Lorsque nous sommes arrivés sur les lieux, les flammes étaient gigantesques et il nous était impossible de sauver les enfants. Nous avons tout fait pour tenter quelque chose, jusqu’à l’arrivée des sapeurs-pompiers, qui ont finalement réussi à maîtriser le feu. Mon fils est mort, ainsi que deux de ses amis. La quatrième personne qui était avec eux est actuellement hospitalisée, avec de graves blessures. Nous demandons à l’État de nous venir en aide », a-t-il déclaré.

 

Ces deux responsables de familles, qui dépendaient entièrement de cet atelier pour leur revenu, sollicitent l’aide de l’État.

« Cet atelier représentait tout pour nous. C’est grâce à lui que nous prenions en charge nos familles, ici comme au village. Aujourd’hui, nous avons tout perdu. Nous demandons donc à l’État de nous soutenir, car nous sommes ses enfants », a renchéri Alseny Samoura.

 

Les deux victimes seront inhumés ce soir. Quant au survivant, il se trouvait encore dans une clinique située non loin du lieu de l’incendie.

Yazid