Les avocats français d’Élie Kamano, artiste reggae et figure politique en exil, ont réagi aux déclarations du ministre porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo. Ce dernier s’était exprimé le mercredi 26 novembre 2025 lors d’une conférence de presse, en adoptant une position prudente face aux accusations concernant les autorités dans l’enlèvement des enfants de l’artiste.
Dans un communiqué publié le 27 novembre, les avocats William Bourdon et Vincent Brengarth ont déclaré que les explications du ministre ne répondent ni à la gravité de cette affaire ni aux préoccupations de leur client.
Selon les avocats, l’enlèvement, survenu il y a plus de dix jours à leur domicile familial à Conakry, n’a donné lieu à aucune information précise concernant la localisation ou la situation des enfants, du neveu et du jeune frère d’Élie Kamano. Ils ajoutent qu’en dépit des enquêtes annoncées, aucune piste concrète n’a été communiquée, que ce soit sur les auteurs présumés ou sur les circonstances exactes de l’opération.
Dans le communiqué, il est également mentionné que l’enlèvement aurait été réalisé selon un mode opératoire « proche de pratiques militaires », un point qui, selon eux, nécessite des clarifications officielles.
Les avocats rappellent qu’un gendarme figure parmi les personnes enlevées. Ils considèrent que ce détail, non mentionné lors de la déclaration du ministre, aurait dû inciter à une réaction rapide et à une communication spécifique de la part des autorités, surtout en tenant compte du statut de la victime.
Ils soulignent par ailleurs que l’absence de toute communication publique durant plus de dix jours est préoccupante, d’autant plus que les proches d’Élie Kamano n’ont, selon eux, reçu aucun contact ou information de la part des responsables gouvernementaux.
Pour la défense de l’artiste, la réponse du ministre, principalement formulée en réaction à une question d’une journaliste, apparaît « tardive » face à la gravité de la situation. Selon eux, cela ne rassure pas la famille ni ne permet de lever les nombreuses interrogations suscitées par l’enlèvement des mineurs.
Enfin, les avocats annoncent que de nouvelles démarches seront entreprises dans les prochains jours, sans en préciser la nature pour le moment. Ces actions pourraient viser à renforcer la mobilisation autour de la disparition des quatre membres de la famille Kamano.
Al Djigué
