Face à l’attentisme des autorités face à la menace de grève, l’Intersyndicale de l’Éducation (FSPE-SLECG-SNE) maintient sa position ferme. Droit dans ses bottes, le regroupement syndical a publié ce mercredi un communiqué pour avertir qu’il est prêt à passer à l’action plus rapidement que jamais.
Il indique qu’il sera contraint de lancer une grève générale et illimitée dans toutes les écoles du pays si l’État ne répond pas à ses revendications d’ici le mardi 19 novembre au plus tard. La grève serait déclenchée dès le lendemain, mercredi, avec effet immédiat, sans suspension, jusqu’à ce qu’un protocole d’accord signé en faveur des enseignants soit obtenu, même si les négociations continuent en parallèle.
« Si rien n’est fait au plus tard mardi 19 novembre 2025, l’avis de grève générale et illimitée sur toute l’étendue du territoire national serait émis dès le mercredi matin avec effet immédiat et les négociations pourraient continuer en pleine grève qui ne sera pas suspendue sans qu’un protocole d’accord ne soit signé à l’avantage des enseignantes et enseignants de Guinée », précise le communiqué.
L’Intersyndicale insiste sur l’universalité de ses revendications, couvrant trois sous-secteurs clés de l’éducation : le ministère de l’Enseignement Pré-universitaire et de l’Alphabétisation (MEPU-A), celui de l’Enseignement Technique, de la Formation Professionnelle et de l’Emploi (METFPE) et celui de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation (MESRI).
Ses principales revendications concernent :
– Le déblocage des salaires, notamment pour les agents des trois ministères ;
– Le paiement des primes de fonction, notamment celles des hauts responsables et cadres des structures déconcentrées, impayées depuis janvier 2025 conformément au décret 0269 ;
L’Intersyndicale rappelle que le MEPU-A représente 47 % des agents de l’État, avec environ 49 000 enseignants, tandis que le METFPE constitue 2 % et le MESRI 3 %.
Concernant le statut particulier et les primes, le syndicat précise qu’il n’existe qu’un seul statut signé le 12 juin 2006, actuellement en révision.
En ce qui concerne les primes de revalorisation des grades dans l’Enseignement supérieur, instaurées en 2015 par l’ancien ministre Abdoulaye Yéro Baldé, l’application limitée à certains corps avait provoqué une grève sauvage, conduisant à leur retrait.
Le communiqué explique que c’est avec l’arrivée du CNRD, sous l’impulsion de la ministre Dre Diaka Sidibé et sous la pression du SNAESURS, que ce projet a été réactualisé, déposé au ministère du Travail, examiné par le CNT, puis promulgué par le président en janvier 2024. Cependant, son application complète n’a pas encore été effective, et l’Intersyndicale affirme avoir dû faire preuve de pression pour faire respecter ce décret.
L’Intersyndicale réaffirme enfin sa détermination à obtenir satisfaction pour tous les enseignants des trois ministères, avec pour objectifs :
– Le déblocage des salaires,
– Le paiement intégral des primes de fonction pour les hauts cadres,
– L’engagement des enseignants contractuels dans la fonction publique,
– La révision du statut particulier des personnels de l’Éducation.
Al Djigué
