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Le Guinéen Kaabi Kouyaté rend hommage à son père Sory Kandia Kouyaté avec l’album intitulé « Tribute to Kandia »

Sory Kandia Kouyaté, surnommé « La voix » de la Guinée indépendante, est célébré par son fils Kaabi dans cet album hommage, inspiré du film *La trace de Kandia*. Ce projet rassemble des musiciens de renom pour faire revivre la musique de ce célèbre griot guinéen.

Né en 1933 et décédé en 1977, Sory Kandia Kouyaté est une figure emblématique de la musique guinéenne. Descendant de Balla Fasséké Kouyaté, illustre djeli de Soundiata Keïta, fondateur de l’Empire du Mandingue, il a été initié à la musique et à la riche généalogie mandingue par son érudit de père. Très tôt, il rejoint la cour royale de Mamou, où ses talents remarquables font sa renommée.

Ce projet hommage, initié par le réalisateur Laurent Chevallier, qui a réalisé *La trace de Kandia*, repositionne Kaabi en Guinée, sur les traces de son père, à la rencontre des lieux et témoins de sa légende.

 

Kaabi évoque cette époque où les griots occupaient une place centrale auprès des chefs d’État : « Le griot a un peu perdu sa place aujourd’hui. À l’époque de nos ancêtres, ils étaient les conseillers des dirigeants, notamment dans le monde mandingue. Pour chaque décision, qu’elle soit politique ou africaine, on consultait les griots. Mon père n’était pas là pour soutenir Sékou Touré, mais il était son conseiller. Il lui disait ce qu’il n’avait pas envie d’entendre. Et Sékou Touré était toujours à l’écoute. Lors de veillées, il accueillait Sidiki Diabaté, père de Toumani Diabaté, et Ballaké Sissoko, jusqu’à 5 heures du matin. Ce n’était pas la présidence qui venait chez lui, c’était Sékou Touré qui se rendait chez lui. On lui donnait des conseils sur ce qu’un chef doit faire et comment respecter ceux qui sont sous son autorité. Aujourd’hui, cette importance a disparu. »

 

Pour cet album, Kaabi s’est entouré de musiciens fidèles tels que Badje Tounkara (ngoni), Ballaké Sissoko (kora), Lansine Kouyaté (balafon), Jean-Philippe Rykiel (piano), ainsi que d’Aminata Camara, ancienne choriste de son père. Sans oublier la voix distinctive de Kaabi Kouyaté lui-même.

« Tribute to Kandia » est publié chez Buda Musique.

Avec RFI