Dans le cadre de sa stratégie commune pour sortir de la crise de liquidités, la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) a organisé, le mardi 26 août 2025, une réunion avec les Établissements de Monnaie Électronique (EME). L’objectif était d’engager un dialogue stratégique sur les moyens de réduire la dépendance au paiement en cash et d’accélérer la transition vers la digitalisation des paiements.
Présidée par El Hadj Mohamed Lamine Conté, Premier Vice-Gouverneur, cette rencontre s’est tenue en présence du 2ème Vice-Gouverneur, Almamy II Sylla. Elle s’inscrit dans une série de consultations avec l’ensemble des acteurs du système financier guinéen, afin de co-construire une solution globale, durable et inclusive.
Le problème principal : un cash peu circulant
Lors de son discours d’ouverture, le Premier Vice-Gouverneur a rappelé un constat désormais reconnu : 94 % des billets en circulation restent hors du circuit bancaire, accumulés par les agents économiques. Ce manque de circulation des espèces fragilise l’accès au cash dans les guichets et distributeurs automatiques, malgré les efforts de la BCRG pour alimenter l’économie.
« Il ne s’agit pas seulement d’une pénurie de billets, mais bien d’une crise de circulation. La solution durable, c’est la digitalisation », a-t-il déclaré.
Les EME, acteurs clés de la solution
La Présidente de l’Association des Établissements de Monnaie Électronique, intervenant au nom de ses membres, a salué l’initiative de la BCRG. Elle a souligné que, si la crise du cash complique l’accès aux espèces pour les citoyens, elle constitue également une opportunité historique.
« Ce contexte difficile peut devenir le déclic pour une accélération massive de la bancarisation, à l’image de ce qui a été réalisé dans d’autres pays africains », a-t-elle souligné.
Elle a également proposé plusieurs mesures concrètes pour renforcer le rôle des EME :
– Augmenter les plafonds de transaction pour encourager l’utilisation des paiements électroniques ;
– Obliger les opérateurs économiques à effectuer leurs transactions d’import-export via les circuits bancaires ;
– Accélérer l’interopérabilité entre les différents systèmes de paiement, afin de réduire les coûts et d’améliorer l’expérience utilisateur.
Des échanges constructifs pour des solutions concrètes
Les échanges ont été riches, pragmatiques et orientés vers l’action. Les EME ont exprimé leur volonté de jouer pleinement leur rôle dans la transformation numérique, à condition d’être soutenus par un cadre réglementaire incitatif et des mesures techniques d’accompagnement.
Le Premier Vice-Gouverneur a invité l’Association à formaliser ses recommandations, afin que la BCRG puisse mobiliser ses ressources réglementaires et techniques en soutien.
Une solution collective pour un avenir durable
En conclusion, le Premier Vice-Gouverneur a réaffirmé l’engagement de la BCRG à travailler main dans la main avec l’ensemble des acteurs du système financier. Il a souligné que « trouver des solutions pérennes, ce n’est pas seulement résoudre une crise ponctuelle, mais assurer un développement durable pour notre pays et tracer une voie claire pour les générations futures. »
Vers une économie numérique inclusive
Cette rencontre confirme que la sortie durable de la crise ne passera pas forcément par une augmentation du nombre de billets en circulation, mais par une réduction de la dépendance au cash. Les EME, grâce à leur proximité avec la population, leur vaste réseau et leur agilité, jouent un rôle stratégique essentiel dans cette transition.
Avec une concertation renforcée entre la BCRG, les banques et les EME, la Guinée pourrait franchir un cap décisif vers une économie plus fluide, moderne et résiliente.
Avec la Cellule de Communication
