La Chambre spéciale de contrôle de l’instruction (CSCI) de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), a rendu son verdict dans l’affaire opposant le parquet spécial de ladite Cour aux colonels Fadensen Keïta, Ousmane Oularé et Mohamed Baba Bamba, tous inculpés et placés en détention à la maison centrale de Conakry depuis le 7 décembre 2024.
Ils sont poursuivis pour faux et usage de faux en écritures publiques et authentiques, corruption, atteinte au système informatique des Douanes, enrichment illicite, cybercriminalité, concussion et complicité.
Jeudi dernier, 14 août 2025, la défense a dénoncé ce qu’elle considère comme une détention illégale, tandis que le parquet a plaidé la nécessité de maintenir les officiers en prison, en raison de la complexité du dossier, afin de permettre aux inspecteurs chargés de l’enquête de poursuivre leur travail.
Les débats, particulièrement houleux, n’ont pas fait fléchir la CSCI. Dans son verdict, le président Aboubacar Conté a rappelé que, lorsqu’un inculpé obtient une mise en liberté ordonnée par la Chambre spéciale de contrôle de l’instruction, cette décision s’impose à la Chambre de l’instruction, nonobstant le pourvoi formé par le procureur spécial. Selon lui, « l’effet suspensif du pourvoi n’a pour seule conséquence que de différer l’exécution de la mise en liberté jusqu’à ce que la Cour suprême statue ». Il a insisté sur le fait qu’il est interdit de contourner une décision de mise en liberté en tentant un renouvellement, même pendant le délai du pourvoi.
« Par ces motifs, la Chambre spéciale de contrôle de l’instruction s’affirme en constatant l’arrêt en date du 21 avril 2025 ordonnant l’élimination des ordonnances de prolongation de détention de mise en liberté en date des 3 et 4 avril 2025. En conséquence, elle annule les ordonnances n° 171, 170 et 171 portant prolongation de détention provisoire en date du 4 août 2025 entreprises à l’encontre du colonel Fadensen Keïta, du lieutenant-colonel Ousmane Oularé et du lieutenant-colonel Mohamed Baba Bamba », a décidé le juge Aboubacar Conté.
Plus encore, il a ordonné l’exécution immédiate du présent arrêt.
Tous les regards sont désormais braqués vers le parquet spécial, qui s’abritait jusque-là derrière l’article 80 de la loi sur la Cour suprême, s’exécutera.
Avec Mediaguinee
