L’embolie pulmonaire est une affection grave qui peut entraîner des complications fatales, si elle n’est pas prise en charge rapidement. Dr Ousmane N’Namarie Camara, médecin pneumologue, interrogé par un reporter de Guineematin.com, a apporté un éclairage sur cette pathologie qui demeure une urgence médicale. Il a conseillé de prendre très au sérieux les cas d’embolie car les risques sont grands.
L’embolie pulmonaire survient lorsqu’un caillot sanguin (thrombus), généralement formé dans les veines profondes des membres inférieurs, migre vers les poumons et obstrue une ou plusieurs artères pulmonaires. « Lorsque le diamètre du caillot devient supérieur à celui du vaisseau pulmonaire, il se bloque, empêchant ainsi le sang de circuler normalement. Cela entraîne une obstruction qui prive les poumons d’oxygène et peut provoquer un état de choc, une détresse respiratoire, voire un décès en l’absence de traitement rapide », explique le Dr Ousmane N’Namarie Camara.
Une fois le diagnostic posé, une prise en charge en urgence est essentielle, précise le médecin. « Le traitement repose principalement sur l’administration d’anticoagulants afin de dissoudre le caillot et d’éviter la formation de nouveaux thrombus. Sans traitement, le risque de décès est élevé dans les 24 à 48 heures qui suivent », prévient-il.
L’embolie pulmonaire est souvent associée à une maladie thromboembolique veineuse. Plusieurs facteurs augmentent le risque de formation de caillots sanguins, notamment : l’immobilisation prolongée (alitement, voyages longs, post-opération) ; les interventions chirurgicales lourdes, en particulier celles touchant les membres inférieurs ; les troubles de la coagulation (certaines maladies augmentent la tendance du sang à coaguler anormalement) ; les lésions vasculaires (après une fracture ou une chirurgie, les vaisseaux endommagés peuvent favoriser la formation de caillots), explique le médecin. « L’un des principaux mécanismes de l’embolie pulmonaire repose sur la triade de Virchow, qui regroupe trois facteurs essentiels : la stase sanguine (ralentissement du flux sanguin), les lésions vasculaires et les troubles de la coagulation », enseigne le Dr Camara.
En outre, ce pneumologue est revenu sur les graves complications que peut entraîner cette pathologie. « L’embolie pulmonaire peut provoquer des complications sévères : un état de choc dû à une insuffisance cardiaque aiguë ; une détresse respiratoire causée par l’incapacité des poumons à oxygéner correctement le sang ; un risque élevé de décès en l’absence d’un traitement rapide et efficace. La prise en charge de l’embolie pulmonaire est complexe et coûteuse. Les traitements anticoagulants, qu’ils soient injectables ou oraux, sont souvent hors de portée pour certaines populations en raison de leur prix élevé et de leur disponibilité limitée », a-t-il fait savoir.
La prévention est essentielle pour éviter la survenue de cette maladie. Le Dr Camara recommande plusieurs mesures : adopter une bonne hygiène de vie (alimentation équilibrée, hydratation suffisante, éviter le tabac et l’alcool en excès) ; pratiquer une activité physique régulière pour favoriser la circulation sanguine ; éviter la sédentarité prolongée (en cas de voyage long ou d’alitement, il est recommandé de bouger régulièrement les jambes) ; effectuer des bilans de santé réguliers, même en l’absence de symptômes ; consulter un médecin dès les premiers signes suspects (douleur thoracique soudaine, essoufflement, gonflement des jambes).
Par ailleurs, le Dr Ousmane N’Namarie Camara a insisté sur l’importance d’un accès aux soins adaptés. « Les patients doivent se rendre dans des centres de santé qualifiés, qu’ils soient publics ou privés. Et les professionnels de santé doivent savoir référer les cas complexes aux structures adaptées ».
L’embolie pulmonaire est une maladie grave, mais évitable. Une vigilance accrue, un dépistage précoce et une prise en charge rapide permettent de réduire significativement le risque de complications et de décès.