La sous-préfecture de Foumbadou, située à environ 50 km du chef-lieu de la préfecture de Lola, a été le théâtre de scènes de violences entre éleveurs et agriculteurs ces derniers jours. Depuis le mercredi, 05 mars 2025, plusieurs cas de blessés et des dégâts matériels importants y ont été enregistrés. Un certain Falikou Camara de Foumbadou, agriculteur, appuyé depuis Conakry, présenté comme récidiviste, est accusé d’être à l’origine des troubles, rapporte un des correspondants de Guineematin.com basé dans la préfecture de N’Zérékoré.
Interrogé ce samedi, 08 mars 2025, Mamady Bamba, le chargé de la résolution et de la prévention des conflits de la filière bétail et viande de N’Zérékoré, a expliqué ce qui s’est passé à Foumbadou.
« Depuis l’événement passé l’année dernière à Lainé, où il y a eu des arrestations, et dont les gens ont été déférés à Conakry, c’est à Foumbadou où ça a commencé. Et, quand ils ont commencé, ils avaient pris un crieur public, lui disant de venir dire au marché là-bas, qu’ils n’ont qu’à se lever et faire la même chose. C’est ce qui avait été fait. Et les grands meneurs de Lainé venaient vers la localité de Foumbadou. Ils sont venus à Foumbadou et se sont affrontés avec les autorités. Ils ont même tiré sur les policiers. L’intervention qui était faite, s’était limitée seulement à Lainé, et non à Foumbadou. Celui de Foumbadou qui a soulevé tout le problème, est resté intact. Mais peu après, la justice a fait un mandat d’arrêt contre lui, un certain Falikou Camara. Il a été appréhendé pour être conduit en prison. Son audition a été faite au niveau de la gendarmerie, ils l’ont déféré à la maison centrale. Étant à la maison centrale, la justice a libéré Falikou Camara sans condition ni contrôle judiciare ou rien. Donc, il n’a pas été inquiété », a introduit Mamady Bamba.
Selon Mamady Bamba, les choses ont recommencé depuis la libération de Falikou Camara de la prison. « Après son arrestation et sa libération, il ne faisait que lapider les gens, prendre leurs motos, les fouiller, leur prendre de l’argent et tous leurs objets. Tous les passants sur moto, une fois que tu es éléveur, il t’attaque. Il a un patron à Conakry qui se dit ressortissant de Foumbadou. Il s’appelle Moriba Kourouma, avec un surnom. C’est lui qui a acheté des treillis de militaires, des lance-pierres importés, pour donner à Falikou et à son groupe à Foumbadou. Il a pris plus de 10 motos, et les propriétaires sont là, qui ne sont pas des étrangers. Et à chaque fois que ça se passe, on écrit et on envoie chez les autorités. Les autorités disent qu’elles vont prendre des dispositions, mais rien. Falikou le fait avec son groupe. Il a maintenant formé un groupe parce que le monsieur (Moriba Kourouma) est venu lui donner des treillis. On a des images de ça. Quand il est venu tout dernièrement, il s’est assis et ces gens-là se sont arrêtés autour de lui, comme des gardes de corps. On a signalé tout ça à l’autorité. Il a même frappé des gens jusqu’à les blesser. On a toutes les images, toutes les preuves. Une fois que ça se passe, on prend toutes les preuves, on prend toutes les images, on envoie à la justice, on les présente, en disant que Falikou que vous avez libérée-là, voilà ce qu’il est en train de faire. Falikou est un citoyen de Foumbadou. Il est un agriculteur. C’est lui qui est en train de ménacer tout là-bas… Tout dernièrement, comme son patron a quitté Conakry pour venir à Foumbadou, se disant tous ressortissants de Foumbadou, ils ont laissé une consigne à Falikou de faire ceci et cela. Étant à Conakry, il (Moriba Kourouma) appelle le président de la délégation spéciale de Foumbadou pour lui dire que les gens vont se lever contre des éleveurs à Foumbadou, il ne faut pas intervenir. Et directement, ces gens se sont levés pour dire qu’ils vont d’abord fermer la mairie, fermer le bureau du sous-préfet, et après, ils vont maintenant s’attaquer aux éleveurs. Ils en ont été empêchés, parce que le sous-préfet et le maire, chacun a fait son rapport pour déposer chez monsieur le préfet. Et, le préfet, à son tour, a envoyé au gouverneur, sans suite. Même les avertissements qu’on leur fait pour dire qu’il y a ceci, cela, c’est sans suite. Les autorités ne prennent aucune disposition », a-t-il revélé.
Pour ce cas qui vient de se passer à Foumbadou, Mamady Bamba ajoute : « Avant-hier (Jeudi), ils se sont attaqués au parc du représentant de la CONASEG. La CONASEG est la grande organisation qui réunit toutes les fédérations des éleveurs en Guinée. Hier (Vendredi), ils se sont attaqués au parc du trésorier de notre fédération pour tuer des animaux et brûler des coins. Après tout ça, ils se sont retournés encore au village (Foumbadou) pour s’attaquer aux autres citoyens qui sont là-bas, qui ne sont même pas des éleveurs. C’est là qu’eux aussi, ils ont dit que trop c’est trop, ça ne peut pas se passer comme ça… Il y a eu des affrontements là-bas hier avec des armes avec deux à trois blessés et un cas grave… La vie des éleveurs est menacée et en danger. Ils ne sont plus en ville, mais dans les petites contrées. Ces éleveurs dont on parle, ne sont pas des étrangers. Ils sont tous des Guinéens. Soumaïla Sangaré qu’ils ont pris par exemple, a passé toute son enfance à Foumbadou. Celui dont ils ont attaqué le parc, s’appelle Elhadj Adama Sacko, de Mandiana. Aucun des animaux n’a dévasté un champ. Actuellement même, les récoltes sont finies. On est même en préparation de la campagne agricole de l’année 2025. Sur l’affaire d’animaux en enclos, il y a deux temps. Quand les campagnes agricoles seront lancées, sincèrement, le code pastoral prévoit la garde obligatoire des animaux. Maintenant, quand les récoltes sont finies, en son article 25 du même code pastoral, on demande la tolérance de la divagation des animaux, parce qu’il n’y a plus d’herbe et d’eau. Donc, on laisse les animaux divaguer dans les jachères de culture. Puisque les récoltes sont finies, on fait une lettre circulaire pour informer toute la communauté. À l’heure où je vous parle, puisqu’il y a eu ces affrontements, les autorités sont sur le terrain à Foumbadou pour prendre les meneurs », a fait savoir Mamady Bamba, le chagé de la résolution et prévention des conflits de la filière bétail et viande à N’Zérékoré.
Par ailleurs, le chargé de la résolution et de la prévention des conflits de la filière bétail et viande appelle les éleveurs et les citoyens de Foumbadou au vivre-ensemble et à la préservation de la paix. « Le conseil que nous donnons aux éleveurs et aux habitants de Foumbadou, c’est la paix. S’il y a quelque chose, rien ne peut aller sans qu’on ne s’assoie pour dire réellement voilà ce qui ne va pas. Si on te fait quelque chose, tu te lèves pour faire pour toi, ça veut dire que tu es rebelle. Il faut partir te plaindre. S’il y a quelque chose, il faut se plaindre. La violence ne sert à rien », a lancé Mamady Bamba.