En Guinée, l’exercice du métier de journaliste devient de plus en plus risqué, selon plusieurs acteurs du secteur des médias. Le journaliste d’investigation Mohamed Camara, collaborateur du groupe Djoma et résidant à Hamdallaye Mosquée, dans la commune de Ratoma, a quitté le territoire national après avoir reçu des menaces de mort.
Son départ fait suite à des convocations qui lui ont été adressées les 10 décembre 2025 et 21 mars 2026. Redoutant pour sa sécurité, il ne s’est pas présenté devant les officiers, craignant une arrestation arbitraire ou une atteinte à son intégrité physique.
Une plainte pour diffamation
L’affaire trouve son origine dans une plainte pour diffamation déposée par un ancien directeur des impôts, cité dans une enquête portant sur un présumé détournement de deniers publics. Le dossier, largement relayé par plusieurs médias, évoque notamment un supposé détournement de 10 millions de dollars dans un contexte de surfacturation.
Reconnu pour ses prises de position et ses investigations sur des affaires présumées de corruption, Mohamed Camara estime que sa sécurité ne serait pas garantie en cas d’interpellation.
Des menaces persistantes et un refuge à l’extérieur
Selon ses proches, les menaces à son encontre avaient commencé avant même sa convocation officielle et se seraient intensifiées après la publication de ses articles. Face à ce climat jugé hostile, il a quitté la Guinée avec l’appui de proches et de membres du syndicat de la presse privée pour se réfugier à l’extérieur.
Ses proches affirment qu’il demeure inquiet et qu’un retour au pays, dans les conditions actuelles, représente un danger pour sa vie.
Un climat préoccupant pour la presse
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de tensions entre les autorités et certains médias. Plusieurs organisations de défense de la liberté de la presse dénoncent régulièrement des pressions, intimidations et disparitions de journalistes. Certains professionnels des médias portés disparus ces dernières années n’ont toujours pas été retrouvés, ce qui alimente l’inquiétude au sein de la profession.
Au sein du paysage médiatique national, de nombreuses voix appellent désormais à des garanties de sécurité et au respect des droits des journalistes. À ce stade, les autorités ne se sont pas encore officiellement exprimées sur cette situation.
Amadou Oury Barry 00224620596363
